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Basilique Saint-Seurin de Bordeaux en Gironde

Patrimoine classé
Basilique
Chemins de Compostelle UNESCO
Chemins de Compostelle - Voie de Tours

Basilique Saint-Seurin de Bordeaux

    Place des Martyrs-de-la-Résistance 
    33000 Bordeaux
Propriété de la commune
Crédit photo : Clara.blanchard - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
400
500
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
IVe siècle
Origines antiques
Début XIe siècle
Construction romane initiale
1267
Portail méridional gothique
XVe siècle
Chapelle Notre-Dame-de-la-Rose
1840
Classement Monument Historique
1998
Inscription UNESCO
2005
Restauration du portail gothique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise (cad. KX 0019) : classement par liste de 1840

Personnages clés

Saint Seurin (Séverin de Cologne) - 4e évêque de Bordeaux (IVe siècle) Fondateur légendaire, sarcophage dans la crypte
Saint Amand de Bordeaux - Évêque et prédécesseur de saint Seurin Rencontre divine décrite par Grégoire de Tours
Pey Berland - Archevêque de Bordeaux (XVe siècle) Consécration de l’autel de Notre-Dame-de-la-Rose
Pierre-Alexandre Poitevin - Architecte (XIXe siècle) Façade néo-romane et portail-porche occidental
Dominique Fortuné Maggesi - Sculpteur (XIXe siècle) Statues de saint Seurin et saint Amand
Paul Courteault - Archéologue (XXe siècle) Fouilles de la nécropole (160 sarcophages)

Origine et histoire

La basilique Saint-Seurin de Bordeaux, érigée au début du XIe siècle sur les vestiges d’une nécropole antique du IVe siècle, est un monument emblématique du patrimoine religieux aquitain. Classée dès 1840 et inscrite à l’UNESCO en 1998 pour son rôle dans les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle conserve des sarcophages des premiers évêques de Bordeaux, dont saint Seurin, ainsi que des chapiteaux gallo-romains réemployés. Son architecture mêle styles roman, gothique flamboyant et néo-roman, avec des ajouts majeurs aux XIVe, XVe et XIXe siècles.

La basilique s’élève sur un site chrétien primitif, attesté par l’épitaphe de Flavinus (365–385 apr. J.-C.) découverte en 1909, aujourd’hui exposée au musée d’Aquitaine. Selon Grégoire de Tours, saint Seurin, évêque d’origine orientale, aurait été appelé à Bordeaux par une vision divine au IVe siècle. La légende rapporte aussi que Charlemagne y aurait déposé l’olifant de Roland, relique disparue avant la Révolution. Au Moyen Âge, la basilique était une étape majeure pour les pèlerins, attirés par ses reliques et son cérémonial d’intronisation des évêques.

Au XIe siècle, les chanoines reconstruisent l’édifice en style roman, avec une crypte surélevée pour exposer les reliques. Le portail méridional, chef-d’œuvre gothique du XIIIe siècle, illustre le Jugement dernier et les Douze Apôtres, tandis que la chapelle Notre-Dame-de-la-Rose (XVe siècle) incarne le gothique flamboyant. Le XIXe siècle voit une restauration néo-romane de la façade par Pierre-Alexandre Poitevin, masquant partiellement l’ancienne structure. Les cryptes, fouillées aux XIXe et XXe siècles, révèlent 160 sarcophages et des vestiges paléochrétiens, dont ceux des saints Amand, Delphin et Fort.

La crypte archéologique, accessible depuis le collatéral sud, abrite des sarcophages en marbre du VIe siècle, dont celui de saint Fort, objet d’un culte populaire jusqu’au XXe siècle. Les fouilles de 1909–1910 et 1964–1969 ont mis au jour des sépultures superposées (IVe–XIIIe siècles) et des carreaux de terre cuite du Ve siècle. Le mobilier médiéval, comme les stalles du XVe siècle ou le reliquaire de saint Amand (2017), témoigne de la richesse artistique du lieu. Malgré les destructions révolutionnaires et les effondrements de voûtes (1566, 1698), la basilique reste un symbole du christianisme aquitain.

Classée Monument Historique en 1840, la basilique a bénéficié de restaurations récentes, notamment celle du portail gothique en 2005, révélant des traces de polychromie originale. Aujourd’hui, elle allie fonctions cultuelles et touristiques, avec une crypte ouverte au public et des vitraux du XIXe siècle signés Joseph Villiet. Son histoire, mêlant légendes (l’olifant de Roland), archéologie et architecture, en fait un lieu unique entre mémoire antique et patrimoine médiéval.

Devenir actuel

La Basilique Saint-Seurin fait partie des 71 monuments ainsi que 7 portions de chemins sont inscrits depuis 1998 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco sous le titre officiel de « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France ».

Elle est sur le chemin de la Via Turonensis ou « voie de Tours » qui part de la tour Saint-Jacques à Paris.

Liens externes