Frise chronologique
1279
Redécouverte des reliques de Marie Madeleine
Redécouverte des reliques de Marie Madeleine
1279 (≈ 1279)
Découverte de la crypte par Charles II d’Anjou.
1304–1328
Prieuré de Jean Gobi
Prieuré de Jean Gobi
1304–1328 (≈ 1316)
Relance des travaux et développement du couvent.
1295–1532
Construction de la basilique
Construction de la basilique
1295–1532 (≈ 1414)
Travaux étalés sur deux siècles, inachevés.
1772–1774
Construction de l’orgue Isnard
Construction de l’orgue Isnard
1772–1774 (≈ 1773)
Un des derniers orgues français classiques intacts.
1793
Pillage révolutionnaire et sauvegarde
Pillage révolutionnaire et sauvegarde
1793 (≈ 1793)
Reliques cachées, orgue sauvé par *La Marseillaise*.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Parmi les premiers monuments classés en France.
1859
Restauration du couvent par Lacordaire
Restauration du couvent par Lacordaire
1859 (≈ 1859)
Réinstallation des dominicains après la Révolution.
1986–1991
Restauration de l’orgue Isnard
Restauration de l’orgue Isnard
1986–1991 (≈ 1989)
Conservation intégrale des 2 960 tuyaux d’origine.
2014
Redécouverte des reliques de saint Sidoine
Redécouverte des reliques de saint Sidoine
2014 (≈ 2014)
Crâne identifié dans la basilique.
2017
Titre officiel de basilique mineure
Titre officiel de basilique mineure
2017 (≈ 2017)
Reconnaissance par le Vatican après demande diocésaine.
2021
Fouilles archéologiques géophysiques
Fouilles archéologiques géophysiques
2021 (≈ 2021)
Découverte de vestiges antérieurs et galeries souterraines.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Charles II d’Anjou - Comte de Provence et roi de Naples |
Initiateur de la basilique après la redécouverte des reliques. |
| Jean Gobi - Prieur dominicain (1304–1328) |
Relance les travaux et développe le couvent. |
| Henri Lacordaire - Prieur dominicain (XIXe siècle) |
Restaure le couvent et sauve les reliques post-Révolution. |
| Jean-Esprit Isnard - Facteur d’orgue dominicain |
Constructeur de l’orgue classique (1772–1774). |
| François Ier - Roi de France |
Visite la crypte en 1516, autorise l’accès aux femmes. |
| Louis XIV - Roi de France |
Participe en 1660 à la translation solennelle des reliques. |
| Pierre d’Angicourt - Architecte (*Magister Petrus Gallicus*) |
Auteur présumé des premiers plans (1295). |
| Antoine Ronzen - Peintre primitif niçois |
Auteur du retable de la Passion (1520). |
| Jean Damiani - Prieur dominicain (1508–1543) |
Supervise l’achèvement partiel de la nef. |
| Barras et Fréron - Conventionnels révolutionnaires |
Épargnent l’orgue après *La Marseillaise* jouée en 1793. |
Origine et histoire
La basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, édifiée entre 1295 et 1532 sous l’impulsion de Charles II d’Anjou, est le plus grand monument gothique de Provence. Sa construction fut motivée par la redécouverte en 1279 des reliques de Marie Madeleine, identifiées dans une crypte paléochrétienne du IVe siècle. Ce lieu devint alors le troisième tombeau de la chrétienté, attirant des pèlerins jusqu’à la Révolution française, malgré les rivalités avec l’abbaye de Vézelay, qui revendiquait aussi les reliques de la sainte.
Les travaux, interrompus à plusieurs reprises, s’étalèrent sur plus de deux siècles. La basilique, inachevée, fut classée Monument Historique dès 1840. Son architecture, marquée par une nef à trois étages de voûtes et l’absence de transept, s’inspire de la cathédrale de Bourges. La crypte, cœur du sanctuaire, abrite quatre sarcophages paléochrétiens, dont celui attribué à Marie Madeleine, ainsi qu’un reliquaire moderne (1860) contenant son crâne. Les sarcophages, classés, datent du IVe siècle et proviendraient d’Arles.
Au XVIIe siècle, des modifications majeures altérèrent l’édifice, comme l’obturation des baies pour installer des retables. La Révolution française causa des dégradations : les reliquaires furent pillés pour leurs métaux précieux, mais les reliques furent sauvées par des habitants. Le couvent dominicain, fermé en 1791, fut restauré en 1859 par le père Henri Lacordaire. Les restaurations ultérieures, notamment au XIXe et XXe siècles, visèrent à stabiliser la structure, menacée par des infiltrations d’eau et des chutes de pierres.
La basilique abrite un orgue exceptionnel, construit entre 1772 et 1774 par Jean-Esprit Isnard. Sauvé pendant la Révolution grâce à l’intervention de l’organiste Fourcade, qui y joua La Marseillaise, cet instrument de 2 960 tuyaux d’origine est l’un des rares exemples intacts d’orgue français classique. Classé Monument Historique en 1979, il fit l’objet d’une restauration minutieuse entre 1986 et 1991. La basilique obtint officiellement le titre de basilique mineure en 2017, après une demande du diocèse.
Les fouilles archéologiques récentes (2021) ont révélé des vestiges antérieurs à la basilique, dont une église inconnue sous le sol actuel et des galeries non comblées reliant la crypte à d’autres parties du site. Ces découvertes suggèrent que la crypte était initialement plus vaste. Par ailleurs, des reliques attribuées à saint Sidoine, dont le crâne, furent redécouvertes en 2014. La basilique reste un lieu de dévotion majeur, lié à la légende provençale de Marie Madeleine et à son rôle dans l’évangélisation de la région.
L’édifice conserve un mobilier riche, dont des stalles du XVIIe siècle sculptées par le dominicain Vincent Funel, illustrant des miracles et martyres de l’ordre, ainsi qu’un retable du XVIe siècle d’Antoine Ronzen, représentant la Passion du Christ. Les sarcophages de la crypte, classés, offrent des scènes bibliques et paléochrétiennes uniques, comme le massacre des saints innocents ou la guérison de l’aveugle Sidoine. Ces éléments, combinés à l’orgue Isnard et aux fresques, font de la basilique un joyau du patrimoine religieux provençal.