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Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis à Martigues dans les Bouches-du-Rhône

Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis

    53 Impasse Vincent Van Gogh
    13500 Martigues
Propriété privée
Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis
Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis
Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis
Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis
Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis
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Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis
Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis
Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis
Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis
Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis
Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis
Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis
Crédit photo : Renaud Camus - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
2e moitié du XVIe siècle
Construction de la bastide
1881
Héritage à Marie-Pélagie Garnier
1943-1944
Création du mur des Fastes
1952
Légs à la ville de Martigues
2 septembre 1975
Classement Monument Historique
27 septembre 1997
Acceptation du legs par la mairie
2018
Fermeture au public
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les toitures (cad. AO 128) : inscription par arrêté du 2 septembre 1975

Personnages clés

Charles Maurras - Propriétaire et écrivain A vécu et travaillé dans la bastide
Marie-Pélagie Garnier - Mère de Maurras Héritière de la bastide en 1881
Henry Bernard - Sculpteur Auteur du buste de Maurras
Gérard Tenque - Fondateur des Templiers Hommage dans le jardin (monument)
Paul Lombard - Maire communiste de Martigues Accepte le legs en 1997
Joseph Kessel - Écrivain A décrit la bastide en 1927

Origine et histoire

La Bastide provençale, dite aussi Maison du chemin du Paradis, est une demeure emblématique située à Martigues, édifiée au cours de la 2e moitié du XVIe siècle. Elle est construite à partir des pierres de l’ancienne église de l’Île et passe en héritage à Marie-Pélagie Garnier, mère de Charles Maurras, en 1881. Ce dernier en fait sa résidence provençale, un lieu de travail et de mémoire, où il transfère sa bibliothèque parisienne de 12 000 ouvrages, incluant des dédicaces d’auteurs majeurs comme André Gide, Malraux ou Paul Valéry.

La bastide, conçue sur trois niveaux avec des pièces encadrées de cyprès, devient le projet d’un centre d’études littéraires et historiques selon les vœux de Maurras. Il aménage aussi un jardin symbolique, inspiré de la Méditerranée et de la Grèce, avec des inscriptions historiques gravées sur le mur des Fastes (1944). Ce mur résume l’histoire de Martigues, des colons phocéens au maréchal de Villars, en passant par le bailli de Suffren. Un buste de Maurras, sculpté par Henry Bernard, y est installé, tandis que son cœur est enterré dans le jardin après sa mort.

Classée Monument Historique en 1975 pour ses façades et toitures, la bastide est léguée à la ville de Martigues en 1952, malgré des réticences politiques initiales. Après des décennies de gestion par ses héritiers, elle est finalement acceptée par la mairie en 1997, avec l’obligation de préserver la bibliothèque et la vocation de maison d’écrivain. En 2012, 200 000 euros sont investis dans sa restauration, mais le site reste fermé au public depuis 2018 pour des raisons de sécurité, malgré des fonds alloués (850 000 euros) non utilisés.

Maurras envisageait d’y créer un musée-bibliothèque accessible aux jeunes chercheurs, avec ses archives, manuscrits et objets personnels (insignes académiques, portraits, éditions rares). Le jardin, conçu comme un précis d’histoire locale, intègre des amphores grecques, des épigraphes provençales et des arbres méditerranéens. Un monument y honore Gérard Tenque, fondateur templier natif de Martigues. Malgré son ambition culturelle, le projet patine : en 2025, Le Figaro dénonce l’abandon du site par la municipalité, sans explication officielle.

La bastide est aussi liée à des œuvres littéraires : Maurras y écrit Le Chemin de Paradis (1895), et Joseph Kessel lui consacre un chapitre dans De la rue de Rome au Chemin de Paradis (1927). Le legs inclut une bibliothèque populaire et un comité de gestion jamais constitué, reflétant les tensions politiques post-Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, la mairie projette d’en faire un centre de recherche sur les politiques du XXe siècle, mais les travaux tardent, laissant le monument en péril.

Liens externes