Début de la construction 1942 (≈ 1942)
Première casemate édifiée par les Allemands.
6 juin 1944
Entrée en action
Entrée en action 6 juin 1944 (≈ 1944)
Bombardement d’Utah Beach pendant le Débarquement.
9 juin 1944
Chute de la batterie
Chute de la batterie 9 juin 1944 (≈ 1944)
Reddition après attaque au lance-flammes.
1994
Ouverture au public
Ouverture au public 1994 (≈ 1994)
Transformation en musée départemental.
décembre 2024
Classement Monument historique
Classement Monument historique décembre 2024 (≈ 2024)
Inscription parmi 18 vestiges de la Seconde Guerre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ouvrages de la batterie d’artillerie côtière, vestiges de la Seconde Guerre mondiale, en totalité, situés aux lieux-dits Les Campagnettes et La Pièce Neuve et les assiettes foncières où ils sont conservés, y compris les vestiges archéologiques enfouis ou en élévations connus ou à découvrir, sur les parcelles n° 167, n° 168, n° 169, n° 171, n° 238, n° 239, n° 240, n° 241, n° 242, n° 243, n° 280 et n° 281 ; figurant au cadastre section A, tel que représenté sur le plan annexé à l’arrêté : inscription par arrêté du 23 décembre 2024
Personnages clés
Commandant Treiber - Commandant de la batterie
Responsable des 170 hommes en 1944.
Leutnant Kattnig - Officier subalterne
Second du commandant Treiber.
Ralph G. Riley - Soldat américain (4e division)
Prit la batterie au lance-flammes.
Origine et histoire
La batterie d’Azeville est un site défensif allemand édifié entre 1942 et 1944 dans le cadre du Mur de l’Atlantique, sur la commune d’Azeville (Manche, Normandie). Camouflée pour ressembler à des ruines, elle abritait quatre casemates type H 650 équipées de canons français de 105 mm récupérés de la Première Guerre mondiale. Ces canons, d’une portée de 10 km, étaient reliés à la batterie voisine de Crisbecq, avec laquelle Azeville formait un système de défense côtière contre un débarquement allié.
Le complexe souterrain s’étendait sur 700 mètres, incluant galeries, abris, soutes à munitions et postes de commandement. Une garnison de 170 hommes, logée chez les habitants, opérait le site sous les ordres du commandant Treiber et du Leutnant Kattnig. Le poste de direction de tir, dépourvu de vue directe sur la mer, était situé près de Crisbecq. La batterie joua un rôle clé lors du Débarquement : dès le 6 juin 1944, elle entra en action contre les troupes américaines à Utah Beach, retardant leur progression.
La position tomba le 9 juin 1944 après des combats intenses : assauts répétés, bombardement par le cuirassé USS Nevada (dont un obus de 356 mm traversa une casemate sans exploser), et une attaque au lance-flammes par le soldat Ralph G. Riley. Ce dernier fit sauter les munitions, forçant la reddition des 169 Allemands survivants. Riley reçut la Silver Star pour cet exploit. La batterie, propriété du département de la Manche depuis 1994, est aujourd’hui un musée ouvert au public, classée Monument historique en décembre 2024.
Le site permet de découvrir 350 mètres de souterrains, des casemates équipées (postes de commandement, réserves d’eau, abris anti-gaz), et une reconstitution de la vie quotidienne des soldats. Un film documentaire présente la construction du Mur de l’Atlantique et les relations entre occupants allemands et habitants, à travers des témoignages locaux. La batterie d’Azeville, avec ses vestiges archéologiques et ses 31 éléments repérés (casemates, tobrouks, tranchées), offre un témoignage concret des stratégies militaires allemandes en Normandie.
Architecturalement, les casemates de type R650 (Bauwerke 344 à 347) combinaient chambre de tir, soutes à munitions et sas défensifs. Deux d’entre elles (B344 et B345) furent bâties dès 1942, les autres (B346 et B347) durant l’hiver 1943-1944, cette dernière recevant un poste de DCA. Le réseau de galeries, partiellement enterré, reliait les ouvrages entre eux et à des abris équipés (lits repliables, téléphones, ventilation). Une batterie de campagne supplémentaire, armée de canons de 155 mm, était positionnée à l’ouest du village lors du Débarquement.
Classée parmi 18 vestiges de la Seconde Guerre mondiale protégés en 2024, la batterie d’Azeville illustre l’ingénierie militaire nazie et son intégration dans le paysage normand. Son inscription au titre des Monuments historiques couvre l’intégralité des ouvrages, y compris les vestiges archéologiques enfouis, sur 12 parcelles cadastrales. Le site, géré par le conseil départemental, s’inscrit dans un réseau mémoriel incluant Utah Beach et les batteries voisines de Crisbecq et Varreville.
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