Origine et histoire de la Machine de Marly
Les bâtiments en U et en L remontent à la première machine, à la fin du XVIIe siècle. Un bâtiment destiné à abriter une machine à vapeur, attribué à Cécile, fut construit entre 1812 et 1819 ; Cécile fit aussi édifier à l'ouest des magasins et une ancienne forge entre 1819 et 1825. Un édicule en brique, réalisé par Dufrayer, date de 1859. L'ensemble du génie civil dit « Machine de Marly » a été conçu pour alimenter en eau de Seine les châteaux de Marly-le-Roi et de Versailles. Le projet fut porté par Arnold de Ville, qui requit l'assistance de Rennequin Sualem pour la réalisation mécanique. Inaugurée en présence de Louis XIV le 3 juin 1684, la machine du roi fonctionna jusqu'au 25 août 1817. Elle était mue par le courant de la Seine et par une chute artificielle et actionnait, sur plusieurs lignes parallèles, de grandes roues à aubes d'environ douze mètres de diamètre qui entraînaient plusieurs centaines de pompes pour refouler l'eau vers l'aqueduc de Louveciennes. Inspirée des machines d'exhaure des mines de Liège et du Harz, cette installation fut rapidement reconnue comme l'une des plus complexes de son temps, mais elle ne fournit jamais durablement le débit attendu malgré de nombreux perfectionnements. La construction mobilisa un important effectif d'ouvriers et d'artisans, dont de nombreux Wallons spécialistes des techniques minières, ainsi que d'importantes quantités de bois, de fer, de plomb et de fonte. Après la période de la machine de Louis XIV, des installations successives furent réalisées : une machine hydraulique provisoire en 1817, une « pompe à feu » à vapeur assemblée en 1825 et mise en service en 1827, puis des machines et aménagements ultérieurs. Martin et Cécile mirent en service une pompe à vapeur en 1827 fournissant une puissance de 95 chevaux et un débit de 2 000 m3 par jour, mais son coût d'exploitation entraîna sa remise en cause. En 1839, l'ingénieur Poiré construisit une écluse pour six péniches. Sous le Second Empire, Dufrayer conçut une nouvelle machine hydraulique comportant six roues de douze mètres de diamètre à structure métallique et pales en bois, entraînant des pompes horizontales ; elle fut abritée dans un bâtiment dit Napoléon III. Au tournant du XXe siècle et dans l'entre-deux-guerres, des groupes moteurs complémentaires—à gaz puis diesel—vinrent renforcer l'installation, et des puits de pompage ou artésiens furent creusés à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. La machine de Dufrayer fut arrêtée en 1963 puis démolie en 1968 lors du réaménagement de ce bras de la Seine ; un groupe d'électro-pompes le remplaça en 1968. Aujourd'hui subsistent plusieurs vestiges matériels : les réservoirs de Marly, le regard du Jongleur, l'aqueduc de Louveciennes, la conduite sur le coteau de Bougival, des canalisations souterraines et divers éléments hydrauliques dans le parc de Marly, ainsi que le bâtiment Charles X et des restes de la machine du Second Empire. La Machine de Marly reste une réalisation majeure de l'ingénierie hydraulique, longtemps commentée pour son ampleur technique et son rôle essentiel dans l'alimentation des grandes eaux de Marly et de Versailles.