Origine et histoire du Beffroi
Le beffroi d'Arras (Pas-de-Calais) est un ouvrage de charpente accolé à l'hôtel de ville ; il est classé monument historique et inscrit depuis 2005 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO parmi les beffrois de Belgique et de France.
Il se situe rue Jacques-Le-Caron, parcelle 179 (section AB), adossé à la façade postérieure de l'hôtel de ville.
Les travaux, engagés au XVe siècle et achevés en 1554 sur les plans de Jacques Le Caron, ont donné naissance à une tour de style gothique flamboyant.
Élevé sur l'emplacement de la halle aux cuirs, proche des étaux des bouchers, le beffroi repose sur un large soubassement carré surmonté de niveaux octogonaux disposés en quinconce pour élancer l'édifice.
La construction s'est faite au jour le jour, financée par les revenus de la ville, la vente de matériaux et des contributions des bourgeois d'échevinage ; en 1499 la bancloque fut installée pour la venue de Philippe Ier le Beau, et en 1513 l'entrée du beffroi fut déplacée au premier étage lors de l'agrandissement de l'hôtel de ville.
Tandis que les travaux atteignaient la troisième galerie, Jacques Le Caron proposa l'achèvement par un octogone et une couronne surmontée d'un lion aux armes de la ville ; douze maîtres-maçons approuvèrent ce projet en 1551 et l'édifice fut terminé en 1554.
Au Moyen Âge, le beffroi avait des fonctions militaires et civiques : sa cloche annonçait l'ouverture et la fermeture des portes de la ville et le bâtiment servait de prison.
En 1791 la couronne sommitale fut couverte d'une feuille de plomb pour empêcher son enlèvement lors de la Révolution.
Dégradé et menacé, le beffroi fut démoli partiellement en 1833 puis reconstruit : la cérémonie de pose de la première pierre eut lieu le 1er mai 1839 et la dernière pierre fut apposée le 18 juin 1840, inscription commémorative à l'appui.
Une horloge fut installée en 1868 et des réparations de la partie supérieure eurent lieu en 1872–1873 ; à cette époque la tour mesurait 75,36 m du pavé au sommet de la girouette et était décrite comme la plus haute du nord de la France.
Le 21 octobre 1914 le beffroi fut détruit par l'artillerie allemande après soixante-neuf obus ; il fut reconstruit à l'identique mais avec une structure en béton armé d'après les plans de l'architecte en chef des Monuments historiques Pierre Paquet.
Le lion d'or qui domine la flèche, réplique de l'original installé sous Louis XIV, est lié à l'histoire de l'édifice, l'original étant exposé au musée des beaux-arts d'Arras après avoir subi les destructions de la guerre.
Un nouveau carillon fut implanté en 1930 et, au début des années 1930, le peintre Charles Constantin Joseph Hoffbauer réalisa sur la grande salle d'honneur une fresque de cinquante mètres peinte sur toile marouflée et achevée en 1932.
Un programme de restauration des parements en pierre et de la structure en béton armé fut lancé en mars 1999, suivi d'un ravalement en 2005.
Du haut de ses environ 75 mètres, le beffroi domine la ville ; sa silhouette octogonale posée sur un soubassement carré reste un repère visible à plusieurs kilomètres.
De style gothique flamboyant, il ne présente pas d’échauguettes ; l'intérieur comporte notamment un niveau sous l'horloge accessible aux visiteurs après montée d'une quarantaine de marches, l'accès étant facilité par un ascenseur jusqu'à ce niveau.
En 1877 il abritait quatre cloches principales ; lors de la présentation pour le classement au patrimoine mondial, le beffroi comptait quarante cloches et un carillon électrique.
Ouvert au public toute l'année selon les horaires de l'office de tourisme, il a reçu 8 294 visiteurs en 2001, 25 747 en 2002 et 29 592 en 2003.
Chaque début septembre se tient un spectacle pyrotechnique, l'embrasement du beffroi, accompagné d'une narration sur l'histoire de la ville et d'une scénographie renouvelée ; d'autres animations régulières comprennent la descente en rappel de Saint Nicolas durant les fêtes de fin d'année et un concert de carillon le premier samedi de chaque mois.
Le beffroi a été classé monument historique dès 1840 sur la première liste dressée par Prosper Mérimée, il a été désigné « monument préféré des Français » en 2015 et apparaît, de manière ironique ou scénographique, dans quelques films contemporains.