Frise chronologique
XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIIe siècle (≈ 1350)
Premier beffroi érigé à Bergues.
1383
Première destruction
Première destruction
1383 (≈ 1383)
Incendie lors de l'invasion française.
1627
Couronnement en bulbe
Couronnement en bulbe
1627 (≈ 1627)
Modification du sommet du beffroi.
XVIe siècle
Ajout des tourelles
Ajout des tourelles
XVIe siècle (≈ 1650)
Quatre échauguettes octogonales ajoutées.
1840
Premier classement MH
Premier classement MH
1840 (≈ 1840)
Protection comme monument historique.
1940
Incendie
Incendie
1940 (≈ 1940)
Dégâts majeurs pendant la guerre.
16 septembre 1944
Destruction totale
Destruction totale
16 septembre 1944 (≈ 1944)
Dynamitage par les Allemands.
1954
Déclassement controversé
Déclassement controversé
1954 (≈ 1954)
Retrait de la protection MH.
1958-1961
Reconstruction simplifiée
Reconstruction simplifiée
1958-1961 (≈ 1960)
Œuvre de Paul Gélis.
2004
Nouveau classement MH
Nouveau classement MH
2004 (≈ 2004)
Inscription avant la reconnaissance UNESCO.
16 juillet 2005
Classement UNESCO
Classement UNESCO
16 juillet 2005 (≈ 2005)
Intégration au patrimoine mondial.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures (cad. AD 356) : inscription par arrêté du 13 septembre 2004, modifiée par arrêté du 2 novembre 2004
Personnages clés
| Paul Gélis - Architecte en chef |
Reconstruit le beffroi (1958-1961). |
| Jean Gélis - Architecte associé |
Collaborateur de Paul Gélis. |
| Ernest Granger - Auteur des *Merveilles de France* |
Cita le beffroi en 1913. |
| Millin - Auteur des *Antiquités Nationales* |
Décrivit le beffroi en 1800. |
Origine et histoire
Le beffroi de Bergues, situé dans le département du Nord, est un symbole historique de la ville. Sa construction initiale remonte au XIIIe siècle, avec des reconstructions majeures aux XIVe, XVIe et XIXe siècles. Classé monument historique dès 1840, il fut gravement endommagé par un incendie en 1940, puis entièrement détruit par les troupes allemandes en 1944. Ce beffroi, autrefois considéré comme l'un des plus beaux de France, était admiré pour son architecture gothique unique, ses 47 mètres de hauteur et ses quatre tourelles octogonales. Il figurait parmi les Merveilles de France et rivalisait avec les beffrois belges et néerlandais.
La destruction de 1944 marqua un tournant tragique. Contrairement à d'autres monuments européens reconstruits à l'identique après la Seconde Guerre mondiale, le beffroi de Bergues ne fut pas restauré fidèlement. Un déclassement controversé en 1954 libéra l'État et la ville de leurs obligations financières, permettant une reconstruction simplifiée entre 1958 et 1961. L'architecte Paul Gélis, chargé du projet, conçut un édifice plus petit, s'inspirant vaguement de la silhouette originale mais sans en reproduire le style gothique affirmé. Le résultat, d'inspiration romane, fut critiqué pour son manque d'authenticité architecturale.
Malgré cette reconstruction discutée, le beffroi actuel fut inscrit aux monuments historiques en 2004 et intégré au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2005, aux côtés des beffrois de Belgique et du Nord-Pas-de-Calais. Il abrite aujourd'hui un carillon de 50 cloches, dont certaines datent des XVIIe et XVIIIe siècles, survivantes de la destruction de 1944. Ces cloches animent encore les fêtes locales, comme le carnaval de Bergues, perpétuant ainsi une tradition séculaire. Le beffroi reste un emblème de la résilience de la ville, bien que sa reconstruction ait représenté une perte irréparable pour le patrimoine gothique français.
Le beffroi original se distinguait par son architecture en briques jaunes, ses arcatures gothiques aveugles et ses échauguettes spectaculaires, sans équivalent en France ou en Belgique. Sa destruction définitive en 1944, suivie d'une reconstruction non fidèle, en fait un cas unique dans l'histoire du patrimoine européen. Contrairement à des monuments comparables comme l'église abbatiale de Lessay ou les beffrois belges, reconstruits à l'identique, Bergues a sacrifié son héritage architectural pour des raisons budgétaires, un choix encore débattu aujourd'hui.
Avant sa destruction, le beffroi était utilisé comme tour de guet jusqu'à la Première Guerre mondiale. Son couronnement en bulbe, ajouté en 1627, et ses décorations en pierre en faisaient une œuvre majeure de l'architecture civile médiévale. Classé dès 1840, il était cité dans les Antiquités Nationales de Millin en 1800 et considéré comme le plus beau monument du département du Nord. Sa disparition a privé la France d'un joyau gothique, comparable aux beffrois de Bruges ou Bruxelles, et reste un exemple frappant des pertes patrimoniales causées par les guerres mondiales.