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Beffroi de l'hôtel de ville de Lille dans le Nord

Patrimoine classé
Patrimoine urbain
Beffroi

Beffroi de l'hôtel de ville de Lille

    Place Roger Salengro
    59000 Lille

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1916
Incendie de l’ancien hôtel de ville
1924-1932
Construction du nouvel hôtel de ville
1932
Inauguration du beffroi
1992
Achèvement de l’extension moderne
2002
Classement Monument historique
2005
Inscription UNESCO
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Gustave Delory - Maire de Lille (socialiste) Lance la reconstruction post-1916.
Émile Dubuisson - Architecte du projet Conçoit l’hôtel de ville et son beffroi.
Roger Salengro - Maire de Lille (à partir de 1925) Ajoute le beffroi au projet.
Carlo Sarrabezolles - Sculpteur Réalise les statues de Lydéric et Phinaert.
Jean Pattou - Architecte (agence Tandem+) Conçoit l’extension des années 1990.

Origine et histoire

Le beffroi de l’hôtel de ville de Lille, situé place Roger-Salengro dans le quartier Saint-Sauveur, remplace l’ancien hôtel de ville détruit par un incendie en 1916. Après la Première Guerre mondiale, la municipalité socialiste dirigée par Gustave Delory lance un projet de reconstruction ambitieux, confié à l’architecte Émile Dubuisson. Le choix du site, anciennement militaire, s’inscrit dans une volonté de moderniser le quartier ouvrier et insalubre de Saint-Sauveur, avec des inspirations haussmanniennes. Le beffroi, premier édifice en béton armé de plus de 100 mètres en France, est ajouté à la demande du maire Roger Salengro et construit entre 1929 et 1932.

Le beffroi s’inspire des « travées lilloises » du XVIIe siècle et de la Chambre de commerce, mêlant style néo-Renaissance flamande et Art déco régionaliste, typique de l’entre-deux-guerres. Ses 104 mètres en font le plus haut beffroi de Flandre et le plus haut bâtiment municipal français. À sa base, deux statues en béton des géants légendaires Lydéric et Phinaert, sculptées par Carlo Sarrabezolles, symbolisent les origines mythiques de Lille. L’intérieur, organisé autour d’une galerie de 143 mètres, intègre des décors floraux, des chapiteaux en aluminium et des motifs reprenant la fleur de lys du blason lillois.

La construction, initialement prévue avec trois ailes, ne voit finalement que deux ailes réalisées avant 1932, faute de financements suffisants (les réparations de guerre s’étant taries). L’aile manquante, incluant un salon d’honneur, ne sera jamais construite. Le bâtiment n’est achevé qu’en 1992, avec une extension moderne fermant le quadrilatère initial. Le bureau de Roger Salengro, laissé vacant depuis son suicide en 1936, témoigne de l’histoire politique mouvementée du monument.

Classé Monument historique en 2002 et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2005, le beffroi incarne à la fois l’innovation architecturale des années 1930 et la reconstruction de Lille après la guerre. Son style Art déco régionaliste, marqué par des matériaux locaux (brique, pierre de Béthisy, céramique vernissée), en fait un symbole fort de l’identité lilloise. Aujourd’hui, il reste un lieu central de la vie municipale, avec ses guichets publics, sa salle du conseil et ses espaces décorés de motifs historiques.

Le projet initial d’Émile Dubuisson prévoyait aussi un réaménagement complet du quartier Saint-Sauveur, inspiré des principes haussmanniens, mais seule une partie des percées urbaines a été réalisée. Le beffroi, avec ses 400 marches, offre une vue panoramique sur la ville et rappelle, par sa hauteur et son style, la volonté de renaissance de Lille après les destructions de 1916. Son inscription à l’UNESCO souligne son importance dans le patrimoine des beffrois de Flandre et d’Artois.

Devenir actuel

Depuis le 3 août 20101, le beffroi peut être visité en visites libres de 9 h 30 à 13 h et de 14 h à 17 h 30. Un audio-guide permet de suivre la visite avec des jumelles pour découvrir la ville de Lille à 360°.

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