Frise chronologique
vers 1462
Construction initiale
Construction initiale
vers 1462 (≈ 1462)
Édification par Jean de Heu
1789-1799
Destruction révolutionnaire
Destruction révolutionnaire
1789-1799 (≈ 1794)
Croix renversée pendant la Révolution
3 septembre 1921
Classement MH
Classement MH
3 septembre 1921 (≈ 1921)
Protection au titre des monuments historiques
1940-1945
Disparition de la croix
Disparition de la croix
1940-1945 (≈ 1943)
Enlevée pendant la Seconde Guerre mondiale
1976
Restauration et redécouverte
Restauration et redécouverte
1976 (≈ 1976)
Nouvelle croix et statuettes retrouvées
1978
Déplacement du monument
Déplacement du monument
1978 (≈ 1978)
Reconstruction à 48 mètres de l’emplacement original
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Edifice dit Belle-Croix d'Ennery, à l'angle de la route de Maizières-lès-Metz à Ennery et de la route de Metz à Thionville : classement par arrêté du 3 septembre 1921
Personnages clés
| Jean de Heu - Commanditaire présumé |
Fils de Nicolle II, aumônier |
| Nicolle II de Heu - Grand aumônier |
Décédé en 1462, honoré par le monument |
Origine et histoire
La Belle-Croix d'Ennery est un édifice religieux de type croix couverte, érigé au 3e quart du XVe siècle (vers 1462) dans la commune d’Ennery, en Moselle. Classé aux monuments historiques depuis 1921, il se distingue par sa voûte en croisée d’ogives soutenue par quatre contreforts angulaires, et ses quatre larges ogives ouvertes sur trois côtés. Deux rosaces ornent ses faces opposées, tandis que les contreforts, à deux étages, portent l’écusson de la famille de Heu et la date gravée de 1462, suggérant une origine liée à Jean de Heu, en hommage à son père Nicolle II, grand aumônier mort cette année-là.
L’édifice a subi plusieurs vicissitudes : renversé pendant la Révolution française, il fut rétabli au début du XXe siècle, mais sa croix disparut définitivement pendant la Seconde Guerre mondiale, après avoir été mise à l’abri. En 1976, des jeunes du village redécouvrirent deux statuettes en pierre de Jaumont (datant d’avant 1789) lors de fouilles, et financèrent une nouvelle croix en bronze, bénie le 12 décembre 1976. L’année 1978 marqua son déplacement de 48 mètres, nécessaire au doublement de la route départementale, avec une reconstruction pierre par pierre sous la supervision des Beaux-Arts.
Architecturalement, la Belle-Croix allie élégance et symbolisme : ses nervures gothiques, ses contreforts ornés de crochets, et ses niches (autrefois abritant les statuettes) reflètent le style du XVe siècle. L’écusson des de Heu et la date 1462, gravés sur les contreforts, attestent de son origine nobiliaire et de sa fonction mémorielle. Malgré la perte de sa croix originale, le monument reste un témoignage rare des croix couvertes lorraine, typiques de la piété médiévale et de l’art funéraire de l’époque.
Aujourd’hui, la Belle-Croix se dresse à l’angle des routes de Maizières-lès-Metz et de Metz à Thionville, comme un vestige du patrimoine religieux et architectural de la Lorraine. Sa restauration et son déplacement illustrent l’attachement local à ce monument, symbole à la fois de foi, d’histoire familiale (les de Heu), et de résilience face aux bouleversements historiques.