Frise chronologique
1764
Confiscation des collections jésuites
Confiscation des collections jésuites
1764 (≈ 1764)
Noyau initial des fonds bibliographiques.
1818
Ouverture d’une salle de lecture
Ouverture d’une salle de lecture
1818 (≈ 1818)
Première accessibilité publique à l’hôtel de ville.
3 mai 1917
Destruction de l’hôtel de ville
Destruction de l’hôtel de ville
3 mai 1917 (≈ 1917)
Perte partielle des collections sauvées in extremis.
20 avril 1917 / 16 décembre 1918
Dotation Carnegie pour la reconstruction
Dotation Carnegie pour la reconstruction
20 avril 1917 / 16 décembre 1918 (≈ 1918)
200 000 dollars alloués à Reims.
1921–1928
Construction de la bibliothèque
Construction de la bibliothèque
1921–1928 (≈ 1925)
Style Art déco par Max Sainsaulieu.
10 juin 1928
Inauguration officielle
Inauguration officielle
10 juin 1928 (≈ 1928)
Présence de Gaston Doumergue et Myron T. Herrick.
1983
Classement partiel aux Monuments Historiques
Classement partiel aux Monuments Historiques
1983 (≈ 1983)
Protection des façades et du hall.
2003–2005
Rénovation complète
Rénovation complète
2003–2005 (≈ 2004)
Modernisation par Roubert et Bléhaut.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; hall d'entrée ; vitrail du plafond de la salle de lecture (cad. CX 332) : inscription par arrêté du 8 mars 1983
Personnages clés
| Andrew Carnegie - Philanthrope américain |
Financeur principal via sa dotation. |
| Gaston Doumergue - Président de la République |
Inaugura la bibliothèque en 1928. |
| Myron T. Herrick - Ambassadeur des États-Unis |
Présent à l’inauguration de 1928. |
| Max Sainsaulieu - Architecte maître d’œuvre |
Concepteur du bâtiment Art déco. |
| Henri Sauvage - Décorateur et mosaïste |
Auteur des cartons des mosaïques. |
| Jacques Gruber - Maître verrier |
Créateur des vitraux de la salle. |
| Henri Jadart - Bibliothécaire-archiviste (XIXe s.) |
Gestionnaire des collections historiques. |
Origine et histoire
La bibliothèque Carnegie de Reims est un édifice emblématique du style Art déco, construit entre 1921 et 1928 dans le centre-ville. Elle fut inaugurée le 10 juin 1928 par le président Gaston Doumergue et l’ambassadeur américain Myron T. Herrick. Son financement, issu d’une dotation de 200 000 dollars allouée par la Carnegie Endowment for International Peace, visait à soutenir la reconstruction des régions dévastées par la Première Guerre mondiale, dont Reims, dont l’hôtel de ville et une partie des collections bibliographiques avaient été détruits en 1917.
Les origines des collections remontent au XVIIIe siècle, avec la confiscation des livres des jésuites en 1764, enrichie ensuite par les saisies révolutionnaires (65 000 imprimés et 1 000 manuscrits issus des abbayes Saint-Remi, Saint-Nicaise et du chapitre cathédral). Au XIXe siècle, des dons privés, comme celui du sénateur Victor Diancourt, et l’ouverture d’une salle de lecture à l’hôtel de ville (1818) marquèrent son développement. Les bibliothécaires Louis Paris, Eugène Courmeaux et Henri Jadart contribuèrent à sa gestion.
Conçue par l’architecte Max Sainsaulieu après un voyage d’étude sur les innovations bibliothéconomiques, la bibliothèque se distingue par son décor Art déco : ferronneries primées à l’Exposition de 1925, mosaïques d’Henri Sauvage évoquant les arts et sciences, lustres de Jacques Simon, et verrières de Jacques Gruber. Les matériaux nobles (onyx d’Algérie, marbre vert) et les peintures de Madeleine Lacourt achèvent ce programme artistique. Le bâtiment, rénové entre 2003 et 2005, est aujourd’hui dédié à la conservation de 400 000 documents patrimoniaux, dont 800 manuscrits médiévaux et 220 incunables.
Parmi ses fonds remarquables figurent 100 000 livres des XVIe–XVIIIe siècles, des archives locales (25 000 volumes sur la Champagne-Ardenne), et des collections spécialisées comme l’affaire Dreyfus (dons de Pol Neveux et Fernand Labori) ou la ’Pataphysique. Classée partiellement aux Monuments Historiques en 1983 (façades, hall, vitrail de la salle de lecture), elle symbolise à la fois la résilience rémoise après 1918 et l’alliance entre mécénat américain et patrimoine français.