Frise chronologique
1452
Fondation de la bibliothèque paroissiale
Fondation de la bibliothèque paroissiale
1452 (≈ 1452)
Don initial de Johannes von Westhuss.
1547
Legs de Beatus Rhenanus
Legs de Beatus Rhenanus
1547 (≈ 1547)
423 volumes légués à Sélestat.
1757
Réunion des deux bibliothèques
Réunion des deux bibliothèques
1757 (≈ 1757)
Fonds paroissial et Rhenanus réunis.
1889
Installation dans la halle aux blés
Installation dans la halle aux blés
1889 (≈ 1889)
Ancien marché aux grains transformé.
2011
Classement UNESCO
Classement UNESCO
2011 (≈ 2011)
Collection Rhenanus inscrite *Mémoire du monde*.
2018
Réouverture après restructuration
Réouverture après restructuration
2018 (≈ 2018)
Travaux menés par Rudy Ricciotti.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Beatus Rhenanus - Humaniste alsacien |
Lègue 670 volumes classés UNESCO. |
| Johannes von Westhuss - Recteur de l’église |
Fonde la bibliothèque paroissiale en 1452. |
| Gustave Klotz - Architecte |
Conçoit la halle aux blés (1843-1845). |
| Rudy Ricciotti - Architecte contemporain |
Dirige la restructuration (2014-2018). |
| Érasme de Rotterdam - Humaniste et ami de Rhenanus |
Lien épistolaire avec Beatus Rhenanus. |
| Benjamin Fendler - Directeur actuel |
Promeut la médiation numérique et touristique. |
Origine et histoire
La Bibliothèque humaniste de Sélestat, située en Alsace, est installée depuis 1889 dans l’ancienne halle aux blés construite entre 1843 et 1845 par Gustave Klotz. Ce bâtiment néo-roman, érigé sur l’emplacement de l’ancienne douane, se trouve au cœur du centre-ville historique, près des églises Saint-Georges et Sainte-Foy. La bibliothèque abrite un fonds rare de manuscrits médiévaux et d’imprimés des XVe et XVIe siècles, dont 670 volumes de la collection personnelle de l’humaniste Beatus Rhenanus, classée en 2011 au Registre Mémoire du monde de l’UNESCO.
Les origines de la bibliothèque remontent à 1452, avec la création d’une bibliothèque paroissiale issue de dons, dont celui de Johannes von Westhuss, recteur de l’église de Sélestat. Cette collection, destinée à l’enseignement de l’école latine et aux offices religieux, s’enrichit au fil des siècles. En 1547, Beatus Rhenanus lègue sa propre bibliothèque à sa ville natale : 423 volumes, 41 manuscrits, et des travaux personnels, reflétant ses liens avec des érudits comme Érasme. Ces deux fonds furent réunis en 1757 dans l’église Saint-Georges.
En 1889, la bibliothèque s’installe dans la halle aux blés, transformée pour accueillir aussi un musée et des archives en 1909. Après une restructuration majeure menée par Rudy Ricciotti (2014-2018), le site rouvre avec des espaces doublés et des outils numériques innovants. La collection, aujourd’hui forte de 460 manuscrits, 550 incunables et 2 500 imprimés anciens, attire chercheurs et touristes. La mosaïque de 1907 ornant la façade, symbolisant le lion de Sélestat et l’aigle impériale allemande, rappelle son histoire mouvementée.
La bibliothèque conserve également des archives municipales et des œuvres d’autres humanistes locaux, comme Jacques Wimpfeling ou Martin Butzer. Son inscription à l’UNESCO en 2011 consacre la valeur universelle de la collection de Rhenanus, unique ensemble intact d’un grand humaniste. Les destructions de maisons à pans de bois en 2016 lors des travaux ont suscité des critiques, soulignant les tensions entre modernisation et préservation patrimoniale.
Aujourd’hui, la Bibliothèque humaniste allie conservation et médiation numérique, avec des expositions interactives comme Odyssée (2022). Son fonds, partiellement numérisé, témoigne de la transition entre manuscrits et imprimés, ainsi que du rayonnement intellectuel de Sélestat à la Renaissance. La fréquentation, estimée à 20 000 visiteurs annuels avant 2018, devrait doubler grâce aux nouveaux aménagements.