Origine et histoire de la Bibliothèque Marmottan
La bibliothèque Marmottan de Boulogne-Billancourt est un hôtel particulier conçu par Paul Marmottan (1856-1932), historien et collectionneur passionné par l'époque napoléonienne. Acquise vers 1890, cette propriété initiale, composée de deux maisons préexistantes, fut transformée en une résidence avec bibliothèque, galerie d'estampes et jardin. Marmottan, aidé par l'architecte L. Monin, supervisa les travaux entre 1890 et 1927, s'inspirant du style Premier Empire pour l'ensemble architectural.
La construction s'échelonna sur plusieurs décennies, avec des ajouts majeurs comme la galerie d'estampes (1907, par L. Monin), la maison du gardien à façade concave (1924, par L. Perin), et le hall d'entrée de la bibliothèque (1927, par Fernand Rimbert). À sa mort en 1932, Marmottan légua l'ensemble à l'Académie des Beaux-Arts. La bibliothèque, spécialisée dans la période napoléonienne, fut restaurée et agrandie en 1996.
Les façades, toitures, la galerie des Estampes avec son décor, ainsi que plusieurs espaces intérieurs (vestibule, escalier, salon bleu) sont protégés depuis 1984 par un arrêté d'inscription aux Monuments Historiques. Aujourd'hui, le site conserve sa vocation culturelle et patrimoniale, mêlant architecture éclectique et collections historiques.
L'adresse exacte, 39 rue Denfert-Rochereau, reflète son ancrage dans le paysage urbain de Boulogne-Billancourt, ville des Hauts-de-Seine marquée par un patrimoine architectural varié. La précision de sa localisation reste moyenne (niveau 5/10), selon les données disponibles, mais son rôle dans la préservation de la mémoire napoléonienne est incontestable.
Paul Marmottan, en tant que maître d'ouvrage et concepteur, imprima sa vision à ce projet, combinant mécénat, érudition et passion pour l'histoire. Les architectes associés (Monin, Perin, Rimbert) contribuèrent à façonner un ensemble cohérent, où chaque élément — du pavillon du gardien aux espaces intérieurs — témoigne d'une volonté de recréer l'atmosphère du Premier Empire.
Légué à l'Académie des Beaux-Arts, ce monument illustre aussi les pratiques de préservation patrimoniale au XXe siècle, où des collections privées deviennent des biens publics. La restauration de 1996 marqua une étape clé pour adapter le site aux normes modernes tout en respectant son héritage historique.