Fondation de la bibliothèque royale 1368 (≈ 1368)
Création par Charles V au Louvre.
1537
Institution du dépôt légal
Institution du dépôt légal 1537 (≈ 1537)
Ordonnance de François Ier à Montpellier.
1720
Installation au palais Mazarin
Installation au palais Mazarin 1720 (≈ 1720)
Transfert sous la Régence par l’abbé Bignon.
1868
Inauguration de la salle Labrouste
Inauguration de la salle Labrouste 1868 (≈ 1868)
Salle de lecture des Imprimés conçue par Henri Labrouste.
1936
Ouverture de la salle ovale
Ouverture de la salle ovale 1936 (≈ 1936)
Achevée par Jean-Louis Pascal pour les Périodiques.
1998
Transfert partiel vers Tolbiac
Transfert partiel vers Tolbiac 1998 (≈ 1998)
Déménagement des Imprimés vers le site François-Mitterrand.
2022
Réouverture après rénovation
Réouverture après rénovation 2022 (≈ 2022)
Modernisation complète du quadrilatère Richelieu.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ensemble des façades et des toitures sur rues, sur cours et sur jardins (sauf la façade est de Robert de Cotte) , le vestibule de la salle de lecture, la salle ovale (périodiques) , le salon de l'administration, le grand escalier d'honneur, la salle de lecture des manuscrits, la salle Barthélémy, le néo-cabinet du roi, l'escalier du Cabinet des Estampes (cad. 02 : 02 AE 43) : inscription par arrêté du 29 décembre 1983 - Façade est de Robert de Cotte sur la cour principale, les galeries Mansart et Mazarine avec leur vestibule, la pièce dite chambre de Mazarin, le plafond de la salle des vélins, la salle de travail du département des imprimés dite salle Labrouste (cad. 02 : 02 AE 43) : classement par arrêté du 29 décembre 1983
Personnages clés
Charles V - Roi de France (1364–1380)
Fondateur de la bibliothèque royale en 1368.
François Ier - Roi de France (1515–1547)
Institue le dépôt légal en 1537.
Abbé Bignon - Garde de la Bibliothèque du roi
Organise le transfert au palais Mazarin en 1720.
Henri Labrouste - Architecte (1801–1875)
Conçoit la salle de lecture et les magasins (1868).
Jean-Louis Pascal - Architecte (1837–1920)
Auteur de la salle ovale et de la cour d’honneur.
Bruno Gaudin - Architecte contemporain
Dirige la rénovation du site (2010–2022).
Origine et histoire
La Bibliothèque nationale de France (BnF), située rue de Richelieu dans le 2e arrondissement de Paris, trouve ses origines dans la bibliothèque royale fondée par Charles V en 1368 au Louvre. Après des déménagements successifs et des dispersions, notamment sous l’occupation anglaise au XVe siècle, elle est définitivement installée dans le palais Mazarin en 1720 par l’abbé Bignon, sous la Régence. Ce site, aujourd’hui appelé « quadrilatère Richelieu », s’étend sur un îlot entier et intègre des bâtiments des XVIIe et XVIIIe siècles, dont l’hôtel Tubeuf et des vestiges du palais Mazarin, conçus par François Mansart et Pierre Le Muet.
Au XIXe siècle, l’architecte Henri Labrouste transforme radicalement le site en y ajoutant une façade monumentale rue de Richelieu, la célèbre salle de lecture des Imprimés (1868), et le magasin central. Son successeur, Jean-Louis Pascal, achève la cour d’honneur et construit la salle ovale des Périodiques (1936). Ces aménagements reflètent l’évolution de la bibliothèque, passée du statut de bibliothèque royale à celui d’institution publique ouverte aux chercheurs. Le site Richelieu, malgré le transfert d’une partie des collections vers le site François-Mitterrand en 1998, reste un lieu emblématique de conservation et de recherche, abritant des départements spécialisés comme les Manuscrits, les Estampes, ou le Cabinet des Médailles.
Le quadrilatère Richelieu, classé et inscrit aux Monuments Historiques en 1983, a fait l’objet d’une vaste campagne de rénovation entre 2010 et 2022. Ce projet, piloté par l’architecte Bruno Gaudin, a permis de moderniser les espaces, d’y intégrer la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) et celle de l’École nationale des chartes, et d’ouvrir un musée permanent présentant les trésors des collections. Parmi ces derniers figurent des pièces exceptionnelles comme le Papyrus Prisse (vers 2350 av. J.-C.), le Trésor de Berthouville (Ier–IIe siècles), ou encore des manuscrits enluminés médiévaux, dont les Très Riches Heures du duc de Berry. Ces collections, enrichies par des dons, des legs et le dépôt légal instauré sous François Ier en 1537, font du site un haut lieu du patrimoine écrit et artistique.
L’histoire architecturale du site Richelieu illustre les adaptations successives de la bibliothèque aux besoins croissants de conservation et d’accessibilité. Les interventions de Robert de Cotte au XVIIIe siècle, puis celles de Labrouste et Pascal aux XIXe et XXe siècles, ont façonné un ensemble cohérent, mêlant héritage classique et innovations techniques. La salle Labrouste, avec sa structure métallique audacieuse, et la salle ovale, symbole de modernité pour son époque, témoignent de cette dualité. Aujourd’hui, le site, renommé Richelieu – Bibliothèques, musée, galeries, allie préservation du patrimoine et ouverture au public, avec des expositions temporaires et un accès facilité aux collections.
Le rôle du site Richelieu dépasse le cadre strictement bibliothécaire : il incarne la mémoire collective française, depuis les manuscrits carolingiens jusqu’aux archives contemporaines. La BnF, en tant qu’établissement public, y poursuit ses missions de collecte, de conservation et de diffusion, tout en développant des partenariats avec des institutions comme l’INHA ou l’École des chartes. La réouverture complète du site en 2022, après douze ans de travaux, marque une nouvelle étape dans son histoire, réaffirmant son statut de pôle scientifique et culturel majeur, à la croisée des époques et des disciplines.
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