Origine et histoire du Bois de Boulogne
Le bois de Boulogne est le vestige de l’ancienne forêt de Rouvray, mentionnée dès 717 dans la charte de Compiègne. Offert par Childéric II aux moines de Saint-Denis, il devient une réserve de chasse royale sous Philippe Auguste (XIIe siècle). En 1256, Isabelle de France, sœur de Saint Louis, y fonde l’abbaye de Longchamp. Le nom « Boulogne » provient d’une église construite en 1319 par Philippe le Bel, inspirée d’un pèlerinage à Boulogne-sur-Mer.
Pendant la guerre de Cent Ans, la forêt est un repaire de brigands et subit des destructions par les Bourguignons (1416-1417). Reboisée sous Louis XI, elle accueille le château de Madrid sous François Ier (1528) et devient un lieu de fêtes. Henri IV y plante 15 000 mûriers pour une industrie de la soie, mais son assassinat en 1610 interrompt le projet. Au XVIIIe siècle, le bois est le théâtre d’un duel avorté entre le comte d’Artois et le duc de Bourbon (1778), et du premier vol en ballon des frères Montgolfier (1783).
En 1852, Napoléon III cède le bois à la ville de Paris pour en faire un parc public. Les architectes Jacques Hittorff et Louis-Sulpice Varé débutent les aménagements, mais ce dernier est remplacé par Adolphe Alphand et Jean-Pierre Barillet-Deschamps après une erreur de nivellement. Ils créent des lacs artificiels, des cascades, et des jardins à l’anglaise, tout en préservant deux allées rectilignes. Le parc s’enrichit d’un chalet suisse (1867), de l’hippodrome de Longchamp (1858), et du Jardin d’acclimatation. En 1925-1929, il est officiellement annexé par Paris.
Le bois de Boulogne est marqué par des événements tragiques, comme les bombardements prussiens de 1870 ou l’exécution de 35 résistants près de la Grande Cascade en 1944. Classé site pittoresque en 1957, il reste un lieu de détente pour les Parisiens, malgré des enjeux de sécurité récurrents (prostitution, trafics). Aujourd’hui, il abrite des équipements culturels (fondation Louis-Vuitton), sportifs (Roland-Garros, hippodromes), et des espaces naturels protégés.
Son réseau hydraulique artificiel, alimenté par la Seine, comprend une dizaine de lacs et étangs, dont les lacs Supérieur et Inférieur, reliés par une cascade. La Grande Cascade, aménagée en 1856 avec des rochers de Fontainebleau, est un symbole du parc. Le bois inspire aussi les arts : peint par Berthe Morisot ou Édouard Vuillard, filmé par Méliès ou Bresson, et cité dans la littérature (Zola, Simone de Beauvoir).