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Borne milliaire dans les Bouches-du-Rhône

Borne milliaire

    Route Sans Nom
    13310 Aureille
Propriété privée
Crédit photo : Otto Hirschfeld - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
1200
1600
1700
1800
1900
2000
3 av. J.-C.
Érection de la borne
1268
Première mention écrite
1662
Localisation par Bergier
1882
Redécouverte par Villefosse
1934
Premier dégagement
1er février 1945
Classement Monument Historique
1998
Fouilles de Michel Poguet
24 avril 2006
Rattachement à Aureille
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La borne milliaire, au nord-ouest du Mas d'Archimbaud-en-Crau (cad. AZ 13) (localisée sur le territoire de la commune de Saint-Martin-de-Crau sur l'arrêté de 1945) : classement par arrêté du 1er février 1945, modifié par arrêté du 24 avril 2006

Personnages clés

Auguste - Empereur romain Dédicataire de la borne (3 av. J.-C.).
Nicolas Bergier - Historien (XVIIᵉ siècle) Localise la borne en 1662.
Antoine Héron de Villefosse - Archiviste (XIXᵉ siècle) Décrit sa redécouverte en 1882.
Fernand Benoit - Archéologue (XXᵉ siècle) Dégage la borne en 1934.
Michel Poguet - Archéologue contemporain Dirige les fouilles de 1998.

Origine et histoire

La borne milliaire de la Calanque, aussi appelée borne d'Aureille, est un vestige romain érigé en 3 av. J.-C. sous le règne d’Auguste. Installée sur la Via Julia Augusta (ou Via Aurelia), elle matérialise le quatrième mille depuis Mouriès vers Aix-en-Provence, à la frontière entre Aureille et Saint-Martin-de-Crau. Brisée en deux parties, elle mesure 0,59 m de diamètre. Son inscription latine, partiellement restaurée, célèbre Auguste comme Pater Patriae et mentionne ses titres de consul et tribun.

La localisation historique de la borne a fait débat : mentionnée dès 1268 et redécouverte au XVIIe siècle près du bois d’Aureille, elle fut déplacée avant le XIXe siècle pour être rapprochée de la voie antique. Fouillée en 1934 puis en 1998, elle a été classée Monument Historique en 1945 sous Saint-Martin-de-Crau, avant d’être administrativement rattachée à Aureille en 2006. Aujourd’hui, ses fragments, en cours de remontage, ne sont plus visibles in situ, bien que le site reste accessible.

Cette borne illustre le réseau viaire romain en Gaule Narbonnaise, reliant Tarascon à Aix. Elle marque la limite entre les territoires antiques de la Crau d’Arles et de Salon, aux côtés d’autres milliaires dédiés à Auguste (comme ceux du Merle ou de Chabran). Son inscription, étudiée par des épigraphistes comme Otto Hirschfeld et Manfred Clauss, offre un témoignage précis de la titulature impériale et de l’organisation routière augustéenne.

Les sources anciennes (Peiresc, Villefosse, Bergier) décrivent son emplacement initial comme marécageux, près de la Calanque, avant son déplacement vers le mas d’Archimbaud-en-Crau. Les fouilles de Michel Poguet (1998) ont permis de préciser son contexte archéologique, bien que des incertitudes persistent sur son tracé exact. La borne, bien que fragmentaire, reste un jalon clé pour comprendre la romanisation de la Provence.

Classée parmi les monuments historiques des Bouches-du-Rhône, elle est référencée dans le Corpus Inscriptionum Latinarum (CIL XVII-2, 62) et des ouvrages comme la Carte archéologique de la Gaule. Son histoire reflète les enjeux de préservation des vestiges antiques, entre déplacements, fouilles et réattributions territoriales.

Liens externes