Frise chronologique
1757
Découverte par Pajonnet
Découverte par Pajonnet
1757 (≈ 1757)
Fouilles dans le champ *Elisii Campi*.
1799
Érection en colonne
Érection en colonne
1799 (≈ 1799)
Transportée par le duc de Béthune-Charost.
1909
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1909 (≈ 1909)
Arrêté du 26 août 1909.
1974
Datation par François Jacques
Datation par François Jacques
1974 (≈ 1974)
Attribution à Maximin le Thrace.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Borne milliaire en pierre de l'époque gallo-romaine (cad. C1 ; non cadastré, domaine public) : classement par arrêté du 26 août 1909
Personnages clés
| Maximin le Thrace - Empereur romain (235–238) |
Probable commanditaire de la borne. |
| François Pajonnet - Prieur et archéologue |
Découvreur de la borne en 1757. |
| Duc de Béthune-Charost - Aristocrate local |
Organisa son transport en 1799. |
| François Jacques - Épigraphiste |
A analysé l’inscription en 1974. |
| Comte de Caylus - Antiquaire du XVIIIᵉ |
Mentionne une seconde borne disparue. |
Origine et histoire
La borne milliaire de Bruère-Allichamps est un vestige romain du IIIe siècle, découvert près de l’église d’Allichamps en 1737 ou 1757 selon les sources. Originellement placée au carrefour de voies romaines sur le territoire des Bituriges Cubes, elle fut réutilisée comme sarcophage chrétien entre le IVe et le IXe siècle. Son inscription latine, partiellement effacée, mentionne des distances en lieues gauloises vers Avaricum (Bourges), Mediolanum (Châteaumeillant) et Neriomago (Néris-les-Bains).
En 1757, le prieur François Pajonnet la dégaga lors de fouilles dans le champ Elisii Campi, révélant une nécropole gallo-romaine et mérovingienne. Transportée en 1799 sur la place de Bruère par le duc de Béthune-Charost, elle fut érigée en colonne monumentale, symbolisant à tort le « centre de la France ». Une plaque commémorative du Touring Club de France (1950) résume son histoire, bien que simplifiée.
L’inscription, étudiée par François Jacques en 1974, suggère une datation sous l’empereur Maximin le Thrace (237 apr. J.-C.), connu pour sa politique de restauration routière en Gaule. La borne, classée Monument Historique en 1909, illustre aussi le réemploi fréquent des milliaires comme sarcophages au haut Moyen Âge, peut-être en raison de leur prestige lié à l’écriture et à l’héritage romain.
Un second milliaire, mentionné par le Comte de Caylus et daté de l’époque de Tacite, a disparu. Il indiquait 13 lieues depuis Avaricum. La borne actuelle, haute de 2 mètres, repose sur un piédestal à trois marches. Son texte latin, mutilé lors de sa transformation en sarcophage, conserve une triple indication de distances, caractéristique rare.
La borne se situe aujourd’hui à l’intersection des routes D2144 (Bourges-Montluçon) et D92, près de l’abbaye de Noirlac. Son déplacement en 1799, initialement prévu en 1789, fut retardé par la Révolution. Le coût des travaux routiers sous Maximin pourrait expliquer les exigences fiscales impopulaires de son règne en Lyonnaise et Aquitaine.