Érection de la borne 123 apr. J.-C. (≈ 100)
Sous le règne d’Hadrien, d’après l’inscription.
1928
Découverte de la première borne
Découverte de la première borne 1928 (≈ 1928)
Trouvée dans un complexe funéraire réutilisée.
26 avril 1938
Classement monument historique
Classement monument historique 26 avril 1938 (≈ 1938)
Inscription à l’inventaire supplémentaire.
années 1960
Découverte d’une seconde borne
Découverte d’une seconde borne années 1960 (≈ 1960)
Inscription similaire, chiffre « V » effacé.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Borne milliaire romaine sise dans la cour de la mairie : inscription par arrêté du 26 avril 1938
Personnages clés
Hadrien - Empereur romain (76–138)
Règne durant lequel la borne fut érigée.
François Eygun - Archéologue
A analysé les inscriptions des bornes.
Maurice Besnier - Spécialiste des Pictones
A étudié les lieues gauloises locales.
Origine et histoire
La borne dite milliaire de Cenon-sur-Vienne, aussi appelée borne de la Gare des Tramways, est en réalité une borne leugaire gallo-romaine datée du IIe siècle, période du Haut-Empire. Ce bloc de pierre cylindrique, dont l’extrémité supérieure forme un cube, a été partiellement évidé pour servir de sarcophage, mais son inscription latine reste lisible. Elle est conservée dans le hall de la mairie de Cenon-sur-Vienne, dans le département de la Vienne (Nouvelle-Aquitaine).
Cette borne marquait une voie romaine reliant Limonum (Poitiers) à Cæsarodunum (Tours), longue de 42 lieues gauloises (environ 102 km). Découverte en 1928 dans un complexe funéraire, elle avait été réutilisée comme sarcophage après une spolia. Une seconde borne similaire, portant une inscription quasi identique, fut mise au jour dans les années 1960 sur le même site archéologique. Les deux bornes mentionnent le terme « Fines », suggérant un lien avec le Vieux Poitiers, un site gallo-romain.
L’inscription latine, datée de 123 apr. J.-C., évoque l’empereur Hadrien (76–138) et confirme l’appartenance de la borne à la civitas des Pictones, peuple gaulois de la région poitevine. Les distances, calculées en lieues gauloises depuis Poitiers, attestent de son rôle dans le réseau viaire romain. La borne est classée monument historique depuis le 26 avril 1938, reconnaissant sa valeur patrimoniale.
Son analyse épigraphique révèle trois éléments clés : une confirmation géographique de la voie Poitiers-Tours (attestée par la table de Peutinger), une datation précise sous Hadrien, et une spécificité métrique propre aux Pictones. L’usage de lieues gauloises, plutôt que de milles romains, distingue ces bornes des milliaires classiques. Leur réemploi funéraire illustre aussi les pratiques de recyclage des matériaux dans l’Antiquité tardive.