Frise chronologique
1857
Début des percées (section F)
Début des percées (section F)
1857 (≈ 1857)
Décret pour la section Faubourg-Saint-Honoré.
1862-1868
Extensions successives
Extensions successives
1862-1868 (≈ 1865)
Décrets pour les sections E à C.
1906-1919
Proust au no 102
Proust au no 102
1906-1919 (≈ 1913)
Rédaction de *À la recherche du temps perdu*.
1926
Achèvement final
Achèvement final
1926 (≈ 1926)
Jonction avec le boulevard des Italiens.
1940-1944
Occupation allemande
Occupation allemande
1940-1944 (≈ 1942)
Sièges nazis aux nos 12 et 16.
2025
Rebaptisation humoristique
Rebaptisation humoristique
2025 (≈ 2025)
« Boulevard Ousmane » après la Ligue des Champions.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Georges Eugène Haussmann - Préfet de la Seine |
Concepteur du boulevard, né et mort à Paris. |
| Marcel Proust - Écrivain |
Vécut au no 102, y écrivit son œuvre majeure. |
| Gustave Caillebotte - Peintre impressionniste |
Habita au no 31, y peignit des vues du boulevard. |
| Geneviève Straus - Mondaine et salonnière |
Tenait salon au no 134, proche de Proust. |
| Ousmane Dembélé - Footballeur |
Inspira le surnom « boulevard Ousmane » en 2025. |
Origine et histoire
Le boulevard Haussmann est une artère majeure de Paris, longue de 2 530 mètres, traversant les 8e et 9e arrondissements. Conçu par le préfet Haussmann dans le cadre des transformations urbaines du Second Empire, il devait relier les Grands Boulevards au mur des Fermiers généraux. Son tracé diagonal a nécessité la destruction de nombreux immeubles, dont la maison natale d’Haussmann lui-même. Les travaux, débutés en 1857, ne s’achèveront qu’en 1926, près de 35 ans après la mort du préfet.
Le boulevard porte le nom de Georges Eugène Haussmann (1809–1891), préfet de la Seine et artisan des grands travaux parisiens sous Napoléon III. Symbole de la modernisation urbaine, il incarne l’esthétique haussmannienne avec ses immeubles de pierre de taille, ses balcons en fer forgé et ses perspectives rectilignes. Sa construction a mobilisé une main-d’œuvre majoritairement composée de maçons creusois, typique des chantiers parisiens de l’époque.
Au fil des décennies, le boulevard Haussmann est devenu un lieu emblématique du commerce et des affaires. Il abrite les grands magasins Printemps (no 64) et Galeries Lafayette (no 40), fondés à la fin du XIXe siècle, ainsi que les sièges de grandes banques comme la Société générale (no 29) ou Lazard (no 121). Son parcours croise aussi des lieux historiques, comme l’ancien siège de Radio-Paris (no 79) ou l’appartement où Marcel Proust (no 102) écrivit À la recherche du temps perdu entre 1906 et 1919.
Le boulevard a également été le théâtre d’événements marquants, comme l’attentat contre la banque Worms en 1951 (no 45) ou l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, avec l’installation de l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg au no 12. Après-guerre, il reste un symbole du prestige parisien, mêlant patrimoine architectural, vie économique et mémoire culturelle.
Parmi ses résidents illustres figurent des artistes comme Gustave Caillebotte (no 31), qui y peignit plusieurs toiles représentant ses balcons, ou des personnalités politiques et littéraires. Le no 134, par exemple, abritait le salon de Geneviève Straus, figure mondaine proche de Proust et des milieux artistiques. Aujourd’hui, le boulevard allie dynamisme commercial et patrimoine, avec des lieux comme le musée Jacquemart-André (no 158).
Enfin, le boulevard Haussmann est entré dans la culture populaire, cité dans des chansons (Alain Souchon, Nekfeu) ou des films (Ascenseur pour l’échafaud). Son nom a même été détourné humoristiquement en « boulevard Ousmane » en 2025, en hommage au footballeur Ousmane Dembélé après la victoire du PSG en Ligue des Champions.