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Bouquinistes de Paris, Rive gauche

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Bouquinistes de Paris, Rive gauche

  • Quai de la Tournelle
  • 75005 Paris
75005 Paris, Quai de la Tournelle

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1649
Interdiction des étalages
XVIe siècle
Origines des bouquinistes
1789-1795
Prospérité révolutionnaire
1859
Concessions fixes
1930
Standardisation des boîtes
6 février 2019
Patrimoine immatériel
2024
Déplacement pour les JO
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Napoléon Ier - Empereur des Français Reconnaît officiellement leur statut commercial.
Charles Nodier - Écrivain romantique Décrit leur déclin au XIXe siècle.
Ferdinand Teulé - Bouquiniste parisien Fonde le prix littéraire en 1953.
Karl Lagerfeld - Couturier Les met en scène en 2018.
Camille Goudeau - Bouquiniste et autrice Évoque leur vie dans *Les Chats éraflés*.

Origine et histoire des Bouquinistes de Paris

Les bouquinistes de Paris, apparus au XVIe siècle sous forme de colporteurs, se sont progressivement installés sur les quais de Seine malgré les restrictions imposées par les libraires sédentaires. En 1649, un règlement interdit leurs étalages sur le pont Neuf, reflétant les tensions avec les corporations établies. Leur activité, souvent clandestine, prospère durant la Révolution grâce aux pillages des bibliothèques aristocratiques, avant d’être officiellement reconnue sous Napoléon Ier, qui leur accorde un statut équivalent à celui des commerçants parisiens.

En 1859, la ville de Paris leur attribue des concessions fixes : 10 mètres de parapet pour 26,35 francs annuels, avec obligation d’ouvrir du lever au coucher du soleil. Les dimensions standardisées des fameuses boîtes vertes (2 m de long, 0,75 m de large) sont fixées en 1930, tandis que leur couleur vert wagon — héritée du métro parisien — devient réglementaire. Ces boîtes, au nombre de 900 aujourd’hui, abritent environ 300 000 livres, estampes et objets de collection, bien que le règlement limite désormais à une boîte sur quatre la vente de souvenirs touristiques.

Le métier, menacé par la baisse des ventes de livres anciens et la pression touristique, est préservé par son inscription à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel français en 2019. Les bouquinistes, au nombre de 230 en 2022 (contre 275 en 1945), organisent depuis 2014 des festivals comme Paname bouquine pour promouvoir leur savoir-faire. Leur avenir reste incertain, comme en témoigne le projet de déplacement temporaire de 570 d’entre eux pour les Jeux olympiques de 2024, suscitant des craintes logistiques et économiques.

L’accès à la profession est strictement encadré : les candidats doivent justifier d’une expertise en livres anciens, fournir un casier judiciaire vierge, et s’acquitter de formalités administratives (Kbis, SIREN). Les boîtes, propriétés des bouquinistes, doivent respecter un cahier des charges précis, incluant des matériaux résistants aux intempéries. Leur emblème traditionnel — un lézard convoitant une épée — symbolise leur quête de soleil et leur aspiration à la noblesse du métier de libraire.

Inspirant artistes et écrivains, les bouquinistes sont célébrés dans la littérature (Hemingway, Camille Goudeau) et la mode (Karl Lagerfeld en 2018). Leur présence sur les rives de la Seine, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991, en fait un symbole culturel majeur. Pourtant, leur modèle économique, fragilisé par la concurrence des souvenirs et la précarité des auto-entrepreneurs, interroge sur la pérennité de cette tradition séculaire.

Liens externes

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