Origine et histoire
Le palais communal de Nice, actuel siège de la Bourse du Travail, fut initialement construit entre 1574 et 1580 pour abriter le conseil municipal, déplacé de la ville haute vers la ville basse après l’extension des fortifications du château. Sa façade sobre, sans ornement, reflétait une architecture utilitaire. Le bâtiment, en forme de L inversé, fut inauguré en 1584 sur un groupe de maisons acquises près du couvent franciscain.
Au XVIIe siècle, les consuls niçois entreprirent d’embellir le palais. En 1670, l’architecte ducal Jean-André Guiberto intervint, bien que ses réalisations précises restent mal connues. En 1679, Marc-Antoine Grigho, architecte du prince de Monaco, y ajouta un escalier intérieur à volées droites, un vestibule voûté et un portail monumental en marbre d’ordre toscan, sculpté par les Monégasques Dominique et François Mulciano entre 1680 et 1684. Grigho modifia aussi les fenêtres de la façade latérale, marquant une première phase d’enrichissement décoratif.
En 1758, Ignazio Agliaudi di Tavigliano, disciple de Filippo Juvarra, conçut une nouvelle façade baroque pour l’aile d’entrée, s’inspirant des palais turinois. Ce projet, qui devait inclure quatre statues jamais réalisées en raison d’un conflit avec le maître maçon Pietro Bensa en 1760, introduisit des pilastres ioniques, des motifs en relief et une balustrade, typiques du baroque piémontais. Ces transformations reflétaient l’influence architecturale de Turin, alors capitale des États sardes.
Le palais connut des bouleversements politiques : vandalisé en 1792 par les troupes françaises révolutionnaires, il fut temporairement transformé en école sous le Consulat. Rétabli comme hôtel de ville en 1814 lors de la Restauration sarde, il vit le vœu de Nice y être prononcé en 1832 et reçut une horloge en 1840. Le conseil municipal le quitta définitivement en 1868 pour l’ancien hôpital Saint-Roch.
Devenu la Bourse du Travail en 1893, le bâtiment fut occupé par la CGT pendant plus d’un siècle. Classé monument historique en 1949, ses façades furent rénovées en 1978 grâce à des subventions publiques. En 2009, un accord entre la municipalité et la CGT permit son transfert contre des locaux neufs, révélant un état intérieur dégradé. Des vestiges de l’église franciscaine du XIIIe siècle subsistent à l’arrière du palais.