Origine et histoire de la Bourse du travail
La Bourse du travail de Bordeaux, située dans le quartier de la Victoire, a été initiée par le maire Adrien Marquet, qui en confia la conception à l’architecte Jacques D'Welles. Ce projet, commencé en 1935 et inauguré le 1er mai 1938, visait à offrir aux syndicats un bâtiment fonctionnel et esthétique, célébrant le travail et l’art. L’édifice, classé monument historique en 1998, incarne l’architecture Art déco bordelaise, avec des contributions majeures d’artistes comme Jean Dupas et Alfred Janniot.
Le bâtiment, quadrilatère irrégulier divisé en deux trapèzes, s’ouvre sur le cours Aristide Briand par cinq portes ouvragées. Son décor, représentant près de 6 % du budget, mêle allégories du travail, du port de Bordeaux et des activités locales. Les fresques, bas-reliefs et éléments de ferronnerie, réalisés par des artistes bordelais, illustrent l’ambition sociale et culturelle du projet, comme en témoignent les foyers ornés de scènes célébrant le vin, les pins, et la paix.
La salle Ambroise Croizat, amphithéâtre de 1 300 places, était dédiée aux spectacles et conférences, reflétant l’engagement de la municipalité socialiste pour un « palais pour le peuple ». Les travaux de réhabilitation, notamment en 2003-2004 et depuis 2013, ont permis de préserver ce patrimoine, aujourd’hui siège historique de la CGT. Le péristyle, avec ses médaillons sculptés par Louis Bate, rend hommage aux figures du socialisme comme Jean Jaurès.
Conçu comme un lieu de rassemblement syndical et culturel, la Bourse du travail symbolise l’alliance entre fonctionnalité et art. Son classement en 1998 a permis des restaurations majeures, notamment des façades et des fresques intérieures, tout en conservant ses éléments d’origine comme les boiseries, portes et luminaires. L’édifice reste un témoignage unique de l’utopie sociale et artistique des années 1930 à Bordeaux.
Les artistes impliqués, dont Jean Dupas pour les fresques de la salle Croizat et Alfred Janniot pour le bas-relief de la façade, ont marqué l’identité visuelle du bâtiment. Les fresques, comme celles de Camille de Buzon ou François-Maurice Roganeau, célèbrent le terroir bordelais, tandis que les médaillons du péristyle évoquent l’histoire du socialisme. Ce monument, propriété de la commune, continue d’incarner un héritage à la fois politique, artistique et architectural.