Propriété d'un établissement public communal ; propriété d'une société privée
16 Rue du Marche aux Chevaux 59360 Le Cateau-Cambrésis
Frise chronologique
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1795
Vente comme bien national
Vente comme bien national 1795 (≈ 1795)
Brasserie de l’abbaye Saint-André vendue.
1910
Construction de la nouvelle brasserie
Construction de la nouvelle brasserie 1910 (≈ 1910)
Lancée par Suzanne Scalabrino.
1918
Reconstruction post-guerre
Reconstruction post-guerre 1918 (≈ 1918)
Bâtiment restauré après destructions.
1926
Arrêt de la production
Arrêt de la production 1926 (≈ 1926)
Fin de l’activité brassicole.
27 mars 2000
Classement monument historique
Classement monument historique 27 mars 2000 (≈ 2000)
Site protégé et restauré.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ensemble des bâtiments de la brasserie : l'atelier de production (avec la salle des machines, dénommé bâtiment A) , en totalité, reconstruit après 1918 (cad. AE 377, 1033) ; les façades et toitures de l'ancien atelier de production de l'abbaye Saint-André (dénommé bâtiment B) (cad. AE 1003, 1034) ; les façades et toitures sur cour des deux logements patronaux (dénommés bâtiments C et D) (cad. AE 382, 1031) ; les façades et toitures sur cour des anciennes écuries et dépendances de l'abbaye Saint-André (dénommées bâtiment E) (cad. AE 1031) ; le sol de la cour (cad. AE 377, 382, 1031 à 1034) : classement par arrêté du 27 mars 2000
Personnages clés
Suzanne Scalabrino - Fondatrice de la brasserie moderne
Lance la construction en 1910.
Origine et histoire de la Brasserie-malterie
La brasserie-malterie Lefebvre-Scalabrino trouve ses origines dans la vente comme bien national, en 1795, de la brasserie de l’abbaye bénédictine de Saint-André. Ce site historique fut repris plus d’un siècle plus tard, lorsque Suzanne Scalabrino lança en 1910 la construction d’une nouvelle brasserie, plus moderne et ambitieuse. Le bâtiment, partiellement détruit pendant la Première Guerre mondiale, fut reconstruit en 1918 dans un style régionaliste marqué, alliant brique et décorations en pierre.
L’usine était organisée selon un procédé de production en cascade : le malt était stocké et moulu au quatrième étage sous un toit zénithal, tandis que la touraille (pour la torréfaction) occupait le troisième, et le concasseur à malt le deuxième. Une machine à vapeur Weyher et Richemont, toujours en place, actionnait via des courroies et poulies l’ensemble des étages, reliés par des escaliers métalliques. Les caves voûtées en brique servaient à la fermentation en fûts, et un souterrain reliait la cour aux remparts de la ville.
À son apogée, vers 1926, la brasserie employait une vingtaine d’ouvriers et produisait jusqu’à 12 000 hectolitres de bière annuelle, conditionnée en bouteilles. Après l’arrêt de la production cette même année, le site devint un lieu de stockage. Sauvé de l’oubli en 2000, il fut acquis par la communauté de communes du Pays de Matisse, qui entreprit une restauration fidèle sur trois ans. Aujourd’hui, le bâtiment protège un matériel historique complet (cuves, four, pompe) et témoigne de l’héritage brassicole local.
L’architecture conserve des traces de l’ancienne abbaye Saint-André, notamment les écuries (communs), intégrées au complexe industriel. Les logements patronaux, la cour pavée et la cheminée d’aération complètent cet ensemble classé monument historique. Le site, propriété publique et privée, est désormais un lieu de mémoire technique et sociale, illustrant l’évolution des méthodes de production au début du XXe siècle dans le Nord de la France.