Frise chronologique
1650
Fondation de la brasserie de l’Étoile
Fondation de la brasserie de l’Étoile
1650 (≈ 1650)
Début de l’activité brassicole à Armentières.
1749
Entrée dans la famille Motte-Cordonnier
Entrée dans la famille Motte-Cordonnier
1749 (≈ 1749)
Rachat par Jean-Baptiste Desmazières.
1916-1917
Destruction pendant la Grande Guerre
Destruction pendant la Grande Guerre
1916-1917 (≈ 1917)
Site ravagé par les combats.
1922
Reconstruction par Marcel Forest
Reconstruction par Marcel Forest
1922 (≈ 1922)
Naissance de l’usine-château moderne.
1965
Fermeture de la malterie
Fermeture de la malterie
1965 (≈ 1965)
Fin du maltage sur place.
1993
Arrêt définitif du brassage
Arrêt définitif du brassage
1993 (≈ 1993)
Site converti en centre logistique.
1999
Première protection monument historique
Première protection monument historique
1999 (≈ 1999)
Inscription de la malterie et brasserie.
2018
Relance de la marque Motte-Cordonnier
Relance de la marque Motte-Cordonnier
2018 (≈ 2018)
Hommage à Bertrand Motte.
2019
Extension de la protection
Extension de la protection
2019 (≈ 2019)
Bureaux et grenier à moût classés.
2024
Livraison des premiers logements
Livraison des premiers logements
2024 (≈ 2024)
Réhabilitation partielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du bâtiment de l'ancienne malterie ; façades et toitures du bâtiment de l'ancienne brasserie et, en totalité, sa cage d'escalier et sa salle de brassage (décor et cuves) (cad. CH 37) : inscription par arrêté du 31 décembre 1999 ; Les éléments suivants de la brasserie-malterie Motte-Cordonnier : les façades et toitures du bâtiment des bureaux de l'administration, les façades et toitures de la maison du directeur, les façades et toitures de la partie de la canetterie édifiée entre 1921 et 1949, avec à l'intérieur la cage d'escalier principale et le bureau de dégustation du premier étage, les façades et toitures de l'ancienne station de pompage (pour sa partie édifiée avant 1939), les façades et toitures du bâtiment de la fermentation dans son prolongement avec la brasserie, des façades et toitures du grenier à moût et du bâtiment lui servant de soubassement, les façades et toitures des extensions à la malterie, le tout sis 64 avenue Roger-Salengro (cad. CH 64) : inscription par arrêté du 30 avril 2019
Personnages clés
| Jean-Baptiste Desmazières - Propriétaire en 1749 |
Intègre la brasserie dans la famille. |
| René Motte - Reconstructeur en 1922 |
Commanditaire de l’usine-château. |
| Marcel Forest - Architecte du site |
Conçoit la brasserie moderne. |
| Bertrand Motte - Dernier brasseur familial |
Dirige jusqu’en 1989. |
| Edmond Motte - Dirigeant (1953-1968) |
Période d’expansion avant rachat. |
Origine et histoire
La brasserie Motte-Cordonnier trouve ses origines en 1650 à Armentières sous le nom de brasserie de l’Étoile, initialement dédiée au foulage de drap. Rachat en 1749 par Jean-Baptiste Desmazières, elle entre dans la famille Motte-Cordonnier, se transmettant sur dix générations jusqu’en 1989. Détruite pendant la Première Guerre mondiale (1916-1917), elle est reconstruite en 1922 par l’architecte Marcel Forest comme une usine-château en brique, symbolisant la modernité industrielle du Nord.
La brasserie, spécialisée en fermentation basse, connaît son apogée au XXe siècle avec des marques comme Étoile Rouge ou Bock M.C., produisant jusqu’à 300 000 hl en 1947. Rachat par Artois en 1989 puis par Interbrew, elle cesse son activité en 1993. Le site, partiellement protégé (1999, 2019), est aujourd’hui reconverti en logements (134 unités prévues) tout en préservant son patrimoine architectural, comme la salle de brassage et ses cuves en cuivre.
L’histoire du site reflète les mutations de l’industrie brassicole française : passage d’une production artisanale à une logique industrielle, puis déclin face à la concentration des groupes. La famille Motte-Cordonnier relance la marque en 2018 après la mort de Bertrand Motte, dernier brasseur historique. Les bâtiments, témoins de cette épopée, mêlent héritage familial (depuis 1749) et innovations techniques, comme la malterie active jusqu’en 1965.
Architecturalement, le complexe se distingue par son style néo-régionaliste (briques, beffroi inspiré des traditions locales) et son intégration aux réseaux ferroviaire et fluvial. Les équipements conservés — cuves de 1920, pompe à vide Seck, compresseur Phoenix — illustrent les procédés de fabrication d’alors. La protection des monuments historiques couvre aujourd’hui façades, toitures, et éléments intérieurs comme la cage d’escalier ou le grenier à moût.
Le projet Domaine Motte-Cordonnier (livraison partielle en 2024) vise à concilier mémoire industrielle et usage contemporain. La première phase a réhabilité brasserie et malterie en logements, tandis que la seconde concernera les magasins, quais, et bureaux. Ce site, classé pour sa valeur patrimoniale et technique, incarne la résilience d’Armentières, ville marquée par les conflits et la reconversion économique.