Frise chronologique
IXe–VIIIe siècles av. J.-C.
Première fréquentation du site
Première fréquentation du site
IXe–VIIIe siècles av. J.-C. (≈ 751 av. J.-C.)
Traces céramiques de l’âge du Bronze.
Milieu du IIe siècle av. J.-C.
Occupation à La Tène
Occupation à La Tène
Milieu du IIe siècle av. J.-C. (≈ 150 av. J.-C.)
Monnaies, bijoux et armements gaulois.
Fin du Ier siècle av. J.-C.–début Ier siècle ap. J.-C.
Premiers aménagements romains
Premiers aménagements romains
Fin du Ier siècle av. J.-C.–début Ier siècle ap. J.-C. (≈ 5 av. J.-C.)
Sanctuaire en bois puis en dur.
65–78 ap. J.-C.
Fouilles de Michel Mangard
Fouilles de Michel Mangard
65–78 ap. J.-C. (≈ 72)
Découverte de l’inscription du théâtre.
24 juin 1987
Classement monument historique
Classement monument historique
24 juin 1987 (≈ 1987)
Protection des vestiges archéologiques.
2006
Découverte de la plaque de la basilique
Découverte de la plaque de la basilique
2006 (≈ 2006)
Confirmation du nom *Briga*.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les vestiges archéologiques situés sur la totalité des parcelles C 14 (à l'exception des bâtiments de ferme) , 15, 16, 20 et 21 ; sur la partie enclose de la parcelle C 23 ; sur les parties limitées à l'ouest par la voie communale n° 9 d'Eu au lieudit Siège-Madame et à l'est par le caniveau de drainage creusé par l'office national des forêts en 1985 des parcelles C 13 et C 17 : classement par arrêté du 24 juin 1987
Personnages clés
| Lucius Cerialius Rectus - Notable et bienfaiteur |
Finança le théâtre au IIe siècle. |
| Publius Magnus Belliger - Donateur de la basilique |
Offrit un édifice au IIIe siècle. |
| Michel Mangard - Archéologue (1965–1978) |
Fouilla le théâtre et le sanctuaire. |
| Étienne Mantel - Archéologue (depuis 2002) |
Dirige les fouilles actuelles du site. |
| Louis Estancelin - Premier fouilleur (1820–1821) |
Explora le temple central. |
| Abbé Cochet - Archéologue (XIXe siècle) |
Étudia les thermes et le théâtre. |
Origine et histoire
Briga est une agglomération gallo-romaine située à Eu, en Normandie, sur le plateau de Beaumont en forêt d’Eu. Classé monument historique en 1987, ce site de plus de 65 hectares correspond à une ville du Haut-Empire romain, fouillée depuis deux siècles. Son nom, d’origine celtique (briga, signifiant « colline » ou « forteresse »), évoque son implantation stratégique dominant la vallée de la Bresle.
Les fouilles ont révélé un complexe monumental incluant un sanctuaire dédié à Mercure (Mercurio Brigensi), un théâtre, des thermes, une basilique et un forum. Ces édifices, construits entre le Ier siècle av. J.-C. et le IIIe siècle ap. J.-C., témoignent d’une occupation continue depuis l’âge du Bronze. Le site était le chef-lieu du pagus des Catuslougi, un peuple gaulois mentionné par Pline l’Ancien, et dépendait probablement de la cité des Bellovaques (Beauvais) ou des Ambiens (Amiens).
L’inscription dédicatoire du théâtre, découverte en 1965, révèle que Lucius Cerialius Rectus, un notable local, finança sa construction au IIe siècle. Une autre plaque, trouvée en 2006, confirme le nom antique de Briga et atteste de l’existence d’une basilique dédiée à Jupiter et Mercure. Ces découvertes, combinées à des prospections topographiques, ont permis d’identifier une ville organisée en îlots, avec des rues et des habitats datant de la fin du Ier siècle.
Le déclin de Briga débuta au IIIe siècle, marqué par des raids germains et saxons, entraînant l’abandon progressif du site. Au VIe siècle, la ville d’Eu (Auvae) fut fondée en contrebas, tandis que Briga, recouverte par la forêt, tomba dans l’oubli jusqu’à sa redécouverte au XVIIIe siècle. Les fouilles modernes, menées notamment par Michel Mangard (1965–1978) et Étienne Mantel (depuis 2002), ont révélé une agglomération polynucléaire, mêlant fonctions religieuses, politiques et économiques.
Parmi les découvertes majeures figurent un fanum étanche, une statuette en argent de Mercure (2007), et des fosses cultuelles contenant des offrandes (céramiques, monnaies, ossements). Le sanctuaire, cœur du site, évolua d’un lieu de culte gaulois (IIIe siècle av. J.-C.) à un ensemble monumental romain, avant de se transformer en forum au IIIe siècle. Ces éléments suggèrent une volonté d’autonomie politique locale, bien que Briga restât sous tutelle d’un chef-lieu de cité voisin.
Les recherches actuelles portent sur l’architecture des temples, les origines pré-romaines du site, et son insertion territoriale. Les prospections géophysiques et les fouilles en aire ouverte (2012–2015) ont confirmé l’organisation urbaine de Briga, avec une population estimée à plusieurs milliers d’habitants à son apogée. Le site, aujourd’hui en partie accessible, accueille chaque année des bénévoles pour des campagnes de fouilles estivales.