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Briquetage de la Seille à Marsal en Moselle

Patrimoine classé Saline Briqueterie

Briquetage de la Seille à Marsal

    2-4 Ruelle de la Halle
    57630 Marsal
Propriété de la commune
Crédit photo : L’auteur n’a pas pu être identifié automatiquement - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
100
200
1600
1700
1800
1900
2000
VIᵉ siècle av. J.-C.
Début du briquetage
IIᵉ–Iᵉʳ siècle av. J.-C.
Apogée proto-industriel
Début Ier siècle ap. J.-C.
Abandon du briquetage
1699
Découverte par Vauban
1740
Première étude scientifique
16 février 1930
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Briquetages de la Seille : classement par journal officiel du 16 février 1930

Personnages clés

Félix Le Royer d'Artézé de la Sauvagère - Ingénieur royal A nommé et étudié le briquetage en 1699.
Vauban - Architecte militaire Supervisa les fortifications révélant le site.
Johann Baptist Keune - Archéologue allemand Fouilles de 1901 datant le site.
Jean-Paul Bertaux - Archéologue lorrain Sondages des années 1960–1970.
Laurent Olivier - Archéologue (MAN) Dirigea le programme pluridisciplinaire 2001–2017.

Origine et histoire

Le briquetage de la Seille est un ensemble archéologique majeur de l’âge du Fer, constitué d’accumulations massives de terre cuite, vestiges d’une exploitation « proto-industrielle » des sources salées naturelles de la vallée de la Seille, au sud de la Moselle. Ces déchets proviennent de la production de sel par chauffage de la saumure dans des fourneaux et moules en argile, une technique abandonnée au début de l’époque romaine au profit des poêles à sel. Le terme « briquetage », introduit au XVIIIe siècle par l’ingénieur royal Artézé de la Sauvagère, désigne ces amas de céramiques découvertes lors des travaux de fortification de Marsal sous Vauban.

L’exploitation du sel dans la vallée débute probablement dès le Néolithique final, mais c’est au VIe siècle av. J.-C. que se développe la technique du briquetage, avec des ateliers dispersés sur 11 km, de Salonnes à Marsal. Une première phase (VIe–début Ve siècle av. J.-C.) voit des sites de 1 à 5 hectares abandonnés précocement, tandis qu’une seconde phase (IIe–Ier siècle av. J.-C.) concentre la production dans trois centres majeurs (Vic-sur-Seille, Moyenvic, Marsal), atteignant un stade proto-industriel. Les déchets, rejetés dans les chenaux, ont contribué à l’envasement de la vallée, créant des marais exploités comme défense naturelle jusqu’à l’époque moderne.

Les fouilles modernes, notamment celles menées par Laurent Olivier (2001–2017), ont révélé une organisation sociale complexe : les ateliers du VIe siècle av. J.-C. étaient probablement gérés par une élite, comme en témoignent des sépultures à parures en or, tandis qu’une main-d’œuvre locale et dépendante, souffrant de traumatismes liés au travail, apparaît au IVe siècle av. J.-C. La technique du briquetage, abandonnée sous les Romains, a laissé des traces environnementales durables, transformant la vallée en zone marécageuse jusqu’aux drainages du XIXe siècle.

Le site de Marsal, classé monument historique en 1930, illustre cette histoire avec des accumulations de briquetage atteignant 7,50 m d’épaisseur, mêlant vestiges des phases ancienne et récente. Les recherches géophysiques et archéologiques ont permis de reconstituer la chaîne de production : filtration de la saumure dans des bassins argilés, chauffage dans des fourneaux à bassines, et moulage du sel en pains. Les rejets, composés de bassines, moules et grilles de four, offrent un témoignage unique des techniques celtiques et gauloises.

Les découvertes funéraires voisines, comme les tombes à or du VIe siècle av. J.-C. ou les sépultures collectives du IVe siècle av. J.-C., soulignent une hiérarchie sociale marquée. Les analyses ADN et isotopiques révèlent une main-d’œuvre locale sans liens familiaux, suggérant un système de travail contraint, peut-être héréditaire. Ce patrimoine, étudié depuis le XVIIIe siècle, reste l’un des plus importants sites de production de sel de l’Europe ancienne, témoignant de l’innovation technique et de l’impact environnemental des sociétés de l’âge du Fer.

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