Frise chronologique
1859
Fondation par Jean-Baptiste Lambert
Fondation par Jean-Baptiste Lambert
1859 (≈ 1859)
Autorisation préfectorale pour le premier four.
1880-1910
Construction du four Hoffmann
Construction du four Hoffmann
1880-1910 (≈ 1895)
Double galerie de 37 mètres, cuisson continue.
années 1930
Installation du moteur diesel Ruston
Installation du moteur diesel Ruston
années 1930 (≈ 1930)
Remplace la machine à vapeur.
1995
Dernière cuisson
Dernière cuisson
1995 (≈ 1995)
Arrêt définitif de la production.
4 mars 1999
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
4 mars 1999 (≈ 1999)
Protection du bâtiment et du four.
2018
Sélection par la mission Bern
Sélection par la mission Bern
2018 (≈ 2018)
Plan de sauvegarde du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le bâtiment abritant le four, les séchoirs, le local moteur et la zone de production (cad. D 1420) : inscription par arrêté du 4 mars 1999
Personnages clés
| Jean-Baptiste Lambert - Fondateur et entrepreneur |
Crée le premier four en 1859. |
| James Lambert - Dernier tuilier exploitant |
Dirige jusqu’à la fermeture en 1997. |
Origine et histoire
La briqueterie Lambert, située 15 rue de Dionval à Saint-Piat (Eure-et-Loir), est une ancienne tuilerie-briqueterie fondée en 1859 par Jean-Baptiste Lambert. Implantée près de carrières d’argile et de la voie ferrée Chartres-Paris, elle exploitait des ressources locales (loehms, sable) pour produire briques, tuiles plates et réfractaires. Son premier four, aujourd’hui disparu, fut remplacé entre 1880 et 1910 par un double four Hoffmann de 37 mètres de long, innovant pour son système de cuisson continue.
Le site se compose d’un atelier central avec cheminées, séchoirs en bois (étagères fixes et clayettes mobiles), un monte-charge pour les briques crues, et des annexes : logement des ouvriers (vers 1900), bureau, entrepôt transformé en atelier, et un broyeur pour la poudre à crépi. Le four Hoffmann, alimenté au charbon (5 tonnes par cuisson), fonctionnait de mars à octobre avec un cycle de 15 jours pour la montée en température et 15 jours pour la cuisson. Un séchoir tunnel sur rails, ajouté ultérieurement, optimisait la circulation des briques.
La briqueterie, restée dans la famille Lambert jusqu’en 1997, employait 22 personnes en 1937. Son moteur diesel Ruston (années 1930), remplaçant une machine à vapeur, actionnait tapis roulants et malaxeuse jusqu’à l’arrêt définitif en 1995. Ses produits, vendus localement et en Normandie, auraient servi à la construction de l’hôpital Bichat à Paris. Classée Monument Historique en 1999 et sélectionnée par la mission Bern en 2018, elle est un témoin rare de l’industrialisation artisanale, avec son outillage d’origine préservé.
L’architecture reflète une organisation rationnelle : ventilation par volets orientables, récupération de chaleur pour les séchoirs, et galeries souterraines reliant le four à la cheminée. Les distributeurs de charbon en céramique, déplacés manuellement, illustrent l’ingéniosité des procédés pré-industriels. La briqueterie Lambert se distingue par son état de conservation exceptionnel, offrant une lecture complète des techniques de fabrication des briques et tuiles du XIXe au XXe siècle.
Son rayonnement économique, bien que local, s’étendait aux régions voisines grâce à la qualité de ses briques flammées réfractaires. La cessation d’activité en 1997 marqua la fin d’une saga familiale de près de 140 ans, liée à l’extraction de l’argile et à la transformation artisanale. Aujourd’hui, le site est un patrimoine industriel majeur en Centre-Val de Loire, comparable seulement aux briqueteries de Grossouvre et La Guerche, mais unique par l’intégrité de ses installations.