Origine et histoire du Cabinet des Médailles
Le département des Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France (BnF) conserve et expose les collections de numismatique et d'antiquités rassemblées depuis le Moyen Âge par les rois de France. Initialement constitué pour le plaisir des souverains et comme réserve métallique, ce cabinet fut distingué par François Ier, qui lui attribua une existence propre au château de Fontainebleau. Catherine de Médicis et Charles IX, qui créa l'office de « garde particulier des médailles et antiques du roi », contribuèrent à son développement.
Sous Louis XIV, le Cabinet connut un essor majeur grâce à des acquisitions prestigieuses, comme le trésor de Childéric Ier offert par l'empereur Léopold Ier en 1665. L’abbé Breunot, intendant du Cabinet, supervisa son transfert de Fontainebleau au Louvre, puis à la Bibliothèque du roi rue Vivienne après un tragique incident en 1666. Colbert joua un rôle clé dans cette transition. En 1684, le Cabinet fut déplacé à Versailles, où Louis XIV fit aménager une salle dédiée, avant son retour définitif à Paris en 1741, dans l’hôtel de Nevers.
Ouvert au public dès 1791, le Cabinet des Médailles devint un lieu de recherche et d’exposition majeur. Au fil des siècles, il s’enrichit de dons exceptionnels, comme la collection de 32 500 monnaies grecques de Joseph Pellerin en 1776 ou les antiques du comte de Caylus. Malgré deux vols spectaculaires (1804 et 1831) ayant causé la perte d’objets inestimables, ses collections comptent aujourd’hui 520 000 monnaies, 35 000 objets antiques et un fonds documentaire de 80 000 ouvrages. Depuis 2022, il occupe un espace rénové sur le site Richelieu de la BnF.
Le Cabinet des Médailles est également un centre de référence nationale en numismatique et glyptique. Il publie des catalogues scientifiques, comme le BNCMR (depuis 1976) et la série Trésors monétaires, et abrite la Société française de numismatique. Son histoire reflète les évolutions des collections royales vers un patrimoine public, marqué par des figures comme l’abbé de Louvois, qui organisa son rapatriement à Paris en 1717, ou Ernest Babelon, directeur lors de sa reconstruction en 1917.
L’architecture du musée intègre des éléments historiques, comme les médailliers et peintures du XVIIIe siècle (Boucher, Natoire, Van Loo), sauvés lors de la destruction du « Salon Louis XV » dans les années 1860. Jean-Louis Pascal et Ernest Babelon reconstituèrent ce salon lors de l’installation du département dans l’aile Vivienne (1890–1913). Aujourd’hui, le Cabinet allie conservation, recherche et exposition, avec des espaces dédiés comme la galerie Mazarine ou la salle de Luynes, ouverts depuis 2022.