Origine et histoire du Cadran solaire
Le cadran solaire de Vermenton, daté de 1790 par une inscription gravée, est un monument emblématique situé dans le centre du village, à l’intersection de la rue du Général-de-Gaulle et de la rue de l’Hôtel-de-Ville. Ce cadran vertical double, orienté plein sud et plein nord, est posé sur une colonne dorique en calcaire de 3 mètres de haut. La face méridionale, richement ouvragée, affiche les heures de 6h à 18h en chiffres romains, avec un style métallique incliné à 18,9° et un décor végétal surmonté d’un soleil rayonnant. La face septentrionale, plus sobre, ne porte que les heures matinales et vesprales entre mars et septembre, sans style fonctionnel.
Le monument porte l’inscription « Craignons l'œil qui voit tout » sur sa face nord, ajoutant une dimension symbolique à son usage scientifique. Classé aux monuments historiques en 1991 (après une inscription en 1989), il est attribué à un maître d’œuvre nommé Laurent, bien que son identité exacte et son rôle précis restent flous dans les sources. Sa localisation précise, près de la tour du syndicat d’initiative, en fait un point de repère dans le paysage urbain de Vermenton, tout en illustrant l’art des cadrans solaires sous l’Ancien Régime.
La date de 1790 place sa construction à la veille de la Révolution française, une période où les cadrans solaires, bien que moins courants qu’au siècle précédent, conservaient une valeur à la fois pratique et décorative. Le choix d’un style polaire et la précision des lignes horaires reflètent des connaissances astronomiques avancées pour l’époque. Son classement parmi les monuments historiques souligne son intérêt patrimonial, tant pour son architecture que pour son inscription dans l’histoire locale de l’Yonne.
Contrairement à de nombreux cadrans solaires de la même époque, souvent intégrés à des églises ou des bâtiments publics, celui de Vermenton se distingue par son implantation en plein air, sur un piédestal indépendant. Cette particularité, combinée à sa double orientation, en fait un exemple rare et bien conservé de l’art des cadrans en Bourgogne. Les matériaux utilisés (calcaire pour la colonne, métal pour le style) et les motifs décoratifs (soleil, étoiles, végétaux) témoignent d’un savoir-faire artisanal soigné, caractéristique des réalisations pré-révolutionnaires.