Frise chronologique
6 juin 1944
Débarquement allié
Débarquement allié
6 juin 1944 (≈ 1944)
Libération controversée du café par les Britanniques.
4e quart du XIXe siècle
Construction du café
Construction du café
4e quart du XIXe siècle (≈ 1987)
Bâtiment modeste édifié à Bénouville.
5 juin 1987
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
5 juin 1987 (≈ 1987)
Inscription officielle du café.
16 décembre 1993
Modification de l'arrêté
Modification de l'arrêté
16 décembre 1993 (≈ 1993)
Mise à jour de la protection patrimoniale.
10 mars 1999
Arrêt Cour de Cassation
Arrêt Cour de Cassation
10 mars 1999 (≈ 1999)
Droit à l'image du café.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le café Gondrée, en totalité, situé 12 avenue du Commandant Kieffer, figurant au cadastre, section A, sous le numéro DP 241, étant précisé que cette construction a été édifiée sur le domaine public et qu'en conséquence le sol d'assiette cadastré, section A sous le numéro DP 241, lieu-dit "Le Canal", appartient à l'Etat : inscription par arrêté du 5 juin 1987 modifié par l'arrêté d'inscription du 16 décembre 1993
Personnages clés
| Famille Gondrée - Propriétaires et résistants |
Renseignèrent les Alliés avant 1944. |
| Arlette Gondrée - Gérante du café |
Pérennise les commémorations annuelles. |
| Françoise Gondrée - Héritière en conflit |
Revendique aussi la mémoire familiale. |
| Norbert Hugedé - Historien |
Conteste la primauté de la libération. |
| Marc Laurenceau - Spécialiste de la Bataille |
Confirme l’antériorité d’autres maisons libérées. |
| Major Howard - Commandant britannique |
Dirigea la 6e division aéroportée. |
Origine et histoire
Le café Gondrée est un établissement modeste construit au 4e quart du XIXe siècle à Bénouville, en Normandie, à seulement 20 mètres du Pegasus Bridge. Bien que souvent présenté comme la première maison de France continentale libérée lors du Débarquement du 6 juin 1944, cette affirmation est contestée par des historiens comme Norbert Hugedé et Marc Laurenceau. Selon eux, d’autres maisons du village, dont celle de Louis Picot, auraient été contrôlées en premier par les Britanniques. Le café reste cependant un symbole fort, car le couple Gondrée, résistants, a renseigné les Alliés sur les dispositifs allemands autour du pont avant le Jour J.
Après la guerre, le café est devenu un lieu de pèlerinage pour les vétérans britanniques, qui y célèbrent chaque année l’anniversaire de la Libération. Arlette Gondrée, l’une des filles du couple, a repris la gestion de l’établissement, rebaptisé Café Gondrée Pegasus Bridge. Elle perpétue la tradition en offrant du champagne aux vétérans le 5 juin à 23h16, heure précise du début des opérations. Les murs du café sont couverts de photos, casques, insignes et drapeaux commémoratifs. Un conflit oppose cependant Arlette à sa sœur, Françoise Gondrée, chacune revendiquant la légitimité de cette mémoire.
Classé Monument Historique par arrêté du 5 juin 1987 (modifié en 1993), le café incarne à la fois un patrimoine architectural modeste et un symbole de la coopération franco-britannique pendant la Seconde Guerre mondiale. Son inscription protège l’intégralité du bâtiment, situé 12 avenue du Commandant-Kieffer, bien que le terrain appartienne à l’État. Les célébrations annuelles et la présence d’objets historiques en font un lieu unique, mêlant histoire militaire, résistance locale et devoir de mémoire.
Les sources mentionnent également un arrêt de la Cour de Cassation (1999) concernant les droits du propriétaire sur l’exploitation de l’image du café, soulignant son statut à la fois privé et patrimonial. Malgré les controverses sur son rôle exact lors de la Libération, le café Gondrée demeure un point de rencontre emblématique pour les anciens combattants et les passionnés d’histoire, attirant des milliers de visiteurs chaque année en juin.