Origine et histoire du Cairn de Kercado
Le cairn de Kercado, situé à Carnac dans le Morbihan, est un cairn dolménique daté du Néolithique moyen et récent. Ce monument mégalithique, de forme circulaire (30 m de diamètre, 3,50 m de hauteur), est entièrement construit en pierres sèches, sans couche de terre. Il renferme un dolmen à couloir de 7,50 m de long, menant à une chambre quadrangulaire dallée, recouverte d’une unique dalle gravée d’un motif « hache-charrue ». Son état de conservation exceptionnel s’explique par son emplacement sur un ancien domaine seigneurial, ce qui l’a protégé du démantèlement pour récupérer ses pierres.
Les fouilles archéologiques, menées d’abord par René Galles en 1863, puis par Zacharie Le Rouzic en 1925, ont révélé un riche mobilier funéraire (ossements humains et animaux, objets) attestant d’une utilisation prolongée entre le Néolithique moyen et final. Galles découvrit des ossements brûlés et un mobilier dispersé, tandis que Le Rouzic exhuma des artefacts dans les déblais laissés par Galles. Le site, qui aurait servi de cache aux Chouans au XIXe siècle, fut classé monument historique en 1923. Le Rouzic restaura partiellement le cairn, redressant notamment 27 blocs formant une enceinte excentrique autour du tumulus.
Le cairn présente des particularités architecturales et artistiques notables : deux dalles du couloir et un support de la chambre portent des gravures réticulées (mailles de filet), similaires à celles des sites de Mané-Kerioned et du Petit Mont. La dalle de couverture de la chambre, gravée d’un motif « hache-charrue », suggère un réemploi. Une cavité creusée dans le roc sous-jacent, au centre de la chambre, ajoute à son mystère. Les datations au carbone 14, initialement contestées (5200–4360 av. J.-C.), furent révisées en 1979 à 4670 av. J.-C., confirmant son ancienneté.
Le cairn de Kercado illustre les pratiques funéraires et symboliques du Néolithique en Bretagne. Son mobilier, incluant des ossements d’adultes, d’enfants et d’animaux, ainsi que des traces d’ustion, témoigne de rituels complexes. La diversité des artefacts (Culture campaniforme) reflète une occupation continue sur plusieurs siècles. Le site, aujourd’hui protégé, offre un exemple rare de cairn intact, préservé grâce à son histoire seigneuriale et à ses restaurations, malgré des interventions parfois critiquées comme celles de Le Rouzic.