Origine et histoire du Calvaire des Récollets
Le calvaire des Récollets de Romans-sur-Isère, situé dans la Drôme, est une reconstitution fidèle des quatorze stations du chemin de Croix suivi par le Christ à Jérusalem, aboutissant à un calvaire et au Saint-Sépulcre. Classé Monument historique depuis 1986, ce lieu allie spiritualité et romantisme, servant également de cimetière depuis le XIXe siècle. Sa topographie, évoquant celle de Jérusalem, en fit un projet ambitieux dès le XVIe siècle.
Le monument fut conçu en 1516 par Romanet Boffin, un marchand aisé de Romans, pour offrir une alternative locale au pèlerinage à Jérusalem, alors rendu périlleux par les conflits avec les Turcs. Inspiré par deux franciscains de retour de Palestine et après son propre voyage, Boffin édifia les 14 stations sur une colline proche de la ville, hors des remparts. La première pierre fut posée en 1517, et le site fut confié aux franciscains, avec la construction d’une chapelle (future église Sainte-Croix) et d’un couvent.
Dès le XVIe siècle, le calvaire devint un lieu de piété majeur, attirant des fidèles et bénéficiant de dons, comme en témoigne une lettre de Louise de Savoie en 1525. Les habitants lui attribuaient des vertus miraculeuses, illustrées par des légendes locales, comme celle d’un baril de vin inépuisable pendant les travaux. Le site était aussi le but de la procession annuelle des Rameaux, où le chapitre collégial portait les reliques de saint Barnard.
Saccagé en 1562 pendant les guerres de Religion, le calvaire fut restauré et confié aux récollets. La Révolution française le transforma en cimetière jusqu’en 1812, tandis que le monastère, racheté par des chartreux, devint un établissement public. Au XIXe siècle, le chemin de Croix fut étendu à 21 stations en ville et 19 dans l’enclos, avec des chapelles funéraires construites par des familles aisées. Cependant, le site fut abandonné à la fin du XIXe siècle.
La renaissance du calvaire débuta en 1967 grâce à l’Association des Amis du Calvaire, qui entreprit des campagnes de débroussaillage. Classé Monument historique en 1986, le site conserve aujourd’hui son portail d’entrée, ses chapelles funéraires, son calvaire central et des vestiges dispersés, témoignant de son riche passé dévotionnel et romantique.