Frise chronologique
1340
Fondation de la chapelle
Fondation de la chapelle
1340 (≈ 1340)
Chapelle Notre-Dame et Saint-Martin mentionnée.
1357
Siège de Dinan
Siège de Dinan
1357 (≈ 1357)
Présence anglaise évoquée (hypothèse contestée).
fin XIVe – début XVe siècle
Construction du calvaire
Construction du calvaire
fin XIVe – début XVe siècle (≈ 1525)
Période probable d'édification, liée à une chapelle.
13 juillet 1907
Classement monument historique
Classement monument historique
13 juillet 1907 (≈ 1907)
Protection officielle par arrêté ministériel.
1974
Déplacement du calvaire
Déplacement du calvaire
1974 (≈ 1974)
Modification pour faciliter la circulation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Calvaire du Saint-Esprit (non cadastré ; domaine public) : classement par arrêté du 13 juillet 1907
Personnages clés
| Duc de Lancastre - Chef des troupes anglaises |
Attribution légendaire non confirmée (1357). |
| Saint Malo - Saint breton |
Statue disparue du socle. |
| Saint Samson - Saint breton |
Statue disparue du socle. |
| Saint Magloire - Saint breton |
Statue disparue du socle. |
Origine et histoire
Le calvaire du Saint-Esprit est une croix monumentale située à Dinan, sur l’ancienne commune de Léhon (Côtes-d'Armor, Bretagne). Datant de la fin du XIVe ou du début du XVe siècle, il se distingue par son socle hexagonal gothique, orné d’arcs-boutants et de sculptures animales, surmonté d’une fine colonne de plus de 3 mètres. La croix, historiée, représente des scènes comme l’Annonciation, la Nativité, ou le Couronnement de la Vierge. Son style contraste entre un socle très architecturé et un fût élancé, typique des calvaires bretons de cette époque.
La construction du calvaire est souvent associée à la présence d’une chapelle disparue (Notre-Dame et Saint-Martin, fondée vers 1340) plutôt qu’à l’occupation anglaise du site lors du siège de Dinan en 1357. Jusqu’à la Révolution, trois statues de saints bretons (Malo, Samson, Magloire) ornaient son socle, remplacées ensuite par un fronton trilobé. Classé monument historique en 1907, il fut déplacé en 1974 pour des raisons de circulation, tout en conservant son emplacement symbolique près d’anciennes voies.
L’iconographie de la croix suscite des interprétations variées. Le revers, divisé en deux registres, pourrait représenter le Couronnement de la Vierge (registre supérieur) et deux saintes femmes (Marguerite et Barbe, ou une scène des Rois mages, bien que cette hypothèse soit contestée). Les contreforts du socle, autrefois surmontés des statues des saints fondateurs de la Bretagne, illustrent l’importance religieuse et culturelle du monument. Son dais gothique protège des scènes sculptées en relief, mêlant symbolisme chrétien et art médiéval breton.
Le calvaire incarne un patrimoine à la fois artistique et historique, lié aux traditions locales et aux conflits du Moyen Âge tardif. Son style, proche d’autres calvaires comme celui de Saint-Maudez, reflète l’influence des ateliers de sculpteurs bretons du XIVe–XVe siècle. Bien que sa paternité soit parfois attribuée au duc de Lancastre (chef des troupes anglaises en 1357), aucune preuve tangible ne confirme cette légende, privilégiant l’hypothèse d’une œuvre liée à la dévotion mariale et à l’essor des chapelles rurales en Bretagne.