Calvaire et ossuaire du cimetière de Guéhenno dans le Morbihan

Patrimoine classé Patrimoine religieux Calvaire

Calvaire et ossuaire du cimetière de Guéhenno

  • Cimetière
  • 56420 Guéhenno
Calvaire et ossuaire du cimetière de Guéhenno
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Calvaire et ossuaire du cimetière de Guéhenno
Crédit photo : Auteurp - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1550
Construction du calvaire
1789
Dommages pendant la Révolution
1853
Restauration par Jacquot
Fin du XVIIIe siècle
Démantèlement sous la Terreur
24 janvier 1924
Classement des monuments
21 mai 1927
Inscription de la croix
1927
Classement historique
2004
Restauration récente
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le calvaire et l'ossuaire (cad. AB 126) : classement par arrêté du 5 janvier 1924 ; Croix du XVIe siècle (cad. AB 126) : inscription par arrêté du 23 mai 1927

Personnages clés

Sainte-Véronique Représentée sur le calvaire tenant le suaire du Christ.
Saint Jean Figure parmi les personnages sculptés accompagnant le Christ.
La Vierge Marie Représentée à l'Enfant sur le calvaire.
J. Guillovic Maître d'œuvre ayant construit le calvaire en 1550.
Charles-Marie Jacquot Abbé responsable de la restauration du calvaire au XIXe siècle.
Pierre Floc'h Artisan ayant mené la restauration en 2004.

Origine et histoire du Calvaire et l'ossuaire du cimetière

Le calvaire du XVIe siècle se dresse dans l'enclos paroissial du bourg de Guéhenno, dans le Morbihan. Érigé en granite beige local à grain fin en 1550 sur commande des paroissiens, il porte, sous la corniche de la mace supérieure, l'inscription en lettres gothiques attestant le maître d'œuvre : « J. GUILLOVIC A FAICT CESTE CROUEX DE P(AR) LES P(A)ROEISSIE (N) 1550 ». Sa réalisation s'inscrit, selon l'expression d'Alain Croix, dans l'âge d'or de la Bretagne, période de prospérité liée au développement du lin et du chanvre et à l'exploitation des carrières de granit. Pendant la Révolution, l'église du bourg fut incendiée et le calvaire endommagé ; la tradition locale rapporte des violences envers des statues, mais de nombreux éléments furent préservés ou cachés par les paroissiens, et certains dommages tiennent aussi de l'érosion. La restauration de l'ensemble commença réellement après la nomination de l'abbé Charles‑Marie Jacquot comme recteur en 1853 : aidé de son vicaire et de maçons, il recolla des fragments, redressa le monument, posa en 1855 un dallage et des bornes, et réalisa à partir de 1856 plusieurs statues et bas‑reliefs dont il n'est pas possible de dire si leur ordonnance respecte exactement celle de 1550. Il entreprit ensuite la restauration de l'ossuaire en 1863‑1864. Le calvaire a été inscrit au titre des monuments historiques le 23 mai 1927. En 1999 une tempête arracha le Christ en croix ; une campagne de restauration menée en 2004 par l'atelier de Pierre Floc'h a traité la prolifération d'algues et de lichens, la désagrégation des joints et la maçonnerie du socle et de l'ossuaire. Depuis 2004, il fait partie de l'association des sept calvaires monumentaux de Bretagne et reste le seul de ce groupe situé dans le Morbihan ; des spectacles d'illumination ont été présentés en 2013 et 2018. L'accès à l'enclos se fait par un portail en granite composé de deux piles sommités de boules, encadrées de deux piles plus petites surmontées d'une croix. Le calvaire lui‑même repose sur un emmarchement de deux degrés et comprend deux massifs superposés, appelés maces ; la marche la plus élevée se prolonge à l'arrière en banc de pierre, et deux avancées sur la face ouest forment un autel et son retable. Selon une étude de la direction des Monuments historiques, son implantation au sol en fait le plus grand des calvaires bretons. L'iconographie privilégie le récit de la Passion plutôt que la narration de toute la vie du Christ. La face antérieure du socle porte un bas‑relief de la Résurrection (apparition aux saintes femmes) et une corniche inscrite par Jacquot quant aux indulgences, tandis que le retable présente une Mise au tombeau composée de sept personnages en costume du XIXe siècle ; les autres faces du massif comportent des bas‑reliefs représentant l'Agonie, la Flagellation et le Couronnement d'épines. Sur la plateforme supérieure, les quatre évangélistes sont assis aux angles avec leurs tétramorphes ; au centre, Jésus porte sa croix, entouré d'un soldat armé d'une pique, d'un cavalier précédé d'un porte‑glaive et de Véronique montrant le voile. La grande croix centrale porte un Christ paisible au sommet, posé sur un socle de crânes et de tibias évoquant le Golgotha; elle domine les deux croix polygonales des larrons liés par des cordes et est, à mi‑hauteur, coupée d'une double console où la Vierge et saint Jean sont soutenus par des anges horizontaux. Dans le fût, une figure de Jessé à demi allongée relie l'ensemble à l'Ancien Testament, et la base présente une Pietà partiellement masquée par le cavalier. La colonne dite « au coq », ajoutée en 1862, porte sur son socle l'inscription HAEC PASSUS EST PRO NOBIS ; son fût est sculpté d'emblèmes parmi les instruments de la Passion, notamment lances croisées, anneau et corde, fouets, couronne d'épines, roseau, marteau, tenailles et trois clous. À l'intérieur de l'enclos, immédiatement au sud du calvaire, se trouve un lec'h d'un mètre de haut, et à la sortie est, près du chevet de l'église, une croix pattée monolithe de 2,65 mètres percée d'une ouverture ronde. L'ensemble, fragmenté en trois monuments et ordonné selon un triangle dont la base est l'ossuaire et la pointe la colonne du coq, a été décrit comme présentant un charme dérivé d'une apparence de vétusté et de rafistolage consciencieux, opinion reprise par des études locales qui saluent aussi son originalité et son impact visuel sur les visiteurs. Le calvaire attire chaque année entre 15 000 et 20 000 visiteurs.

Liens externes