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Camp antique de Cora à Saint-Moré dans l'Yonne

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Camp antique Éperon barré

Camp antique de Cora à Saint-Moré

    D950 Villauxerre
    89270 Saint-Moré
Propriété de la commune
Camp antique de Cora à Saint-Moré
Camp antique de Cora à Saint-Moré
Camp antique de Cora à Saint-Moré
Camp antique de Cora à Saint-Moré
Camp antique de Cora à Saint-Moré
Crédit photo : Augusta 89 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900 av. J.-C.
800 av. J.-C.
100 av. J.-C.
0
100
200
300
400
500
600
700
800
1800
900
1900
2000
950–800 av. J.-C.
Âge du bronze final
IVᵉ millénaire av. J.-C.
Première occupation néolithique
500 av. J.-C.
Période Hallstatt
Iᵉʳ siècle apr. J.-C.
Construction de la *Via Agrippa*
356
Passage de l’empereur Julien
vers 400
Garnison sarmate
407
Siège par les barbares
732
Refuge contre les Sarrasins
873
Invasions normandes
1851–1852
Premières fouilles archéologiques
1971
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Muraille (cad. D 538) : classement par arrêté du 14 septembre 1971

Personnages clés

Jules César - Conquérant de la Gaule Pacification menant à la romanisation.
Agrippa - Général romain Constructeur de la *Via Agrippa* et des camps.
Julien - Empereur romain (356) Halte attestée au camp de Cora.
Sylvain - Usurpateur romain Passage supposé au IVᵉ siècle.
Victor Petit - Historien (XIXᵉ siècle) Théorie sur l’origine normande (VIIIᵉ–IXᵉ).
Maximilien Quantin - Archiviste de l’Yonne Débat sur la datation sarmate/médiévale.
Ernest Baudoin - Archéologue (1851) Fouilles révélant armes et tombes romaines.
Abbé Parat - Historien local Étude des vestiges Hallstatt et romains.

Origine et histoire

Le camp antique de Cora, aussi appelé camp de Cora-Villaucerre, est un site stratégique situé près de Saint-Moré dans l’Yonne, en Bourgogne-Franche-Comté. Occupé dès le Néolithique (IVe millénaire av. J.-C.), il devient un habitat fortifié à l’âge du bronze (950–800 av. J.-C.) puis durant le Hallstatt (500 av. J.-C.). Après une période d’abandon, les Romains l’intègrent à leur réseau défensif le long de la Via Agrippa de l’Océan, le transformant en camp retranché pour contrôler la région après la conquête de la Gaule.

La Notice des Dignités de l’Empire (début Ve siècle) mentionne un détachement de Sarmates chargé de sa défense vers 400 apr. J.-C. Le site, décrit par Ammien Marcellin (IVe siècle) comme une étape militaire (« per Sidolocum et Coram »), aurait accueilli l’usurpateur Sylvain et l’empereur Julien en 356. Détruit lors des invasions franques (Ve siècle), ses vestiges servent de refuge lors des raids sarrasins (732) et normands (873). Son nom latin Cora désigne la rivière Cure, orthographié Chora sur les cartes du XIXe siècle.

Le débat sur la datation de ses fortifications oppose les historiens : Victor Petit (XIXe siècle) les attribue aux VIIIe–IXe siècles, liant leur construction à une occupation normande après 873. Maurice Prou et Adrien Blanchet soutiennent une origine mérovingienne (inspirée des modèles romains), tandis que Maximilien Quantin évoque tour à tour une base sarmate du Bas-Empire (1854) puis des fortifications médiévales (1864). Arcisse de Caumont souligne que le ciment utilisé, typique des Ve–XIe siècles, ne permet pas une datation précise.

Le camp, de forme ovale (600 x 400 m, 20–25 ha), exploite un éperon rocheux naturel à 236 m d’altitude, barré par une muraille de 200 m avec sept demi-tours. Un fossé de 15 m de large et 2 m de profondeur, creusé dans la roche, renforce les défenses côté nord-ouest, seul accès vulnérable. Les fouilles (1851–1852) révèlent des artefacts préhistoriques (silex, poteries Hallstatt), des armes romaines (fers de flèche, javelots), et des monnaies gauloises (Lingons, Éduens) ou mérovingiennes (VIIIe siècle).

Classé Monument Historique en 1971 pour sa muraille, le site illustre la superposition des occupations : néolithique, âge du bronze, période gallo-romaine, et réutilisations médiévales. Les découvertes numismatiques (Trajan, Hadrien, Marc-Aurèle) confirment son rôle dans les échanges régionaux. L’abbé Parat note des similitudes avec la grotte de Nermont (2 km au sud), riche en vestiges Hallstatt, suggérant une continuité culturelle entre les âges des métaux et l’Antiquité.

Aujourd’hui, le camp de Cora offre un témoignage rare des stratégies défensives romaines et de leur héritage au Moyen Âge. Son abandon progressif après le IXe siècle coïncide avec la stabilisation politique de la Bourgogne, mais son histoire reflète les bouleversements liés aux migrations barbares et à la christianisation de la Gaule. Les fouilles du XIXe siècle, bien que partielles, ont permis de documenter son évolution, des premiers pasteurs néolithiques aux guerriers sarmates du Bas-Empire.

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