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Camp celtique de la Bure à Saint-Dié-des-Vosges dans les Vosges

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Camp celtique

Camp celtique de la Bure à Saint-Dié-des-Vosges

  • Le Bourg
  • 88100 Saint-Dié-des-Vosges
88100 Saint-Dié-des-Vosges, Le Bourg

Frise chronologique

Néolithique
Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
2400 av. J.-C.
100 av. J.-C.
1700
1800
1900
2000
Vers 2500-2000 av. J.-C. (Néolithique final)
Premières traces d'occupation
IIᵉ-Iᵉʳ siècles av. J.-C.
Apogée gaulois
Iᵉʳ siècle av. J.-C. - IVᵉ siècle ap. J.-C.
Période romaine
1752-1753
Croix de l’enfant
1964-1986
Fouilles archéologiques
6 août 1982
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Albert Ronsin - Archéologue Initiateur des fouilles en 1964.
Georges Tronquart - Directeur des fouilles Dirigea les recherches de 1966 à 1986.
Édouard Ferry - Érudit local (XIXᵉ siècle) Premières études sur le site.
Gaston Save - Artiste et dessinateur Documenta le site au XIXᵉ siècle.

Origine et histoire du Camp celtique

Le camp celtique de la Bure, classé monument historique en 1982, est un site fortifié de type éperon-barré situé à 583 mètres d’altitude, dominant la vallée de la Meurthe de plus de 200 mètres. Occupé intensément aux IIe et Ier siècles av. J.-C. (fin du second âge du fer et période gauloise indépendante), il fut également utilisé durant l’époque romaine (IIe-IVe siècles). Les fouilles (1964-1986) ont révélé des traces d’occupation dès le Néolithique final, ainsi que des artefacts médiévaux comme des tessons de céramique glaçurée verte. Le site, partagé entre Saint-Dié-des-Vosges et Hurbache, abrite des remparts gaulois (murus gallicus) et romains, une nécropole, ainsi que des vestiges d’ateliers de forge, de taille de pierre et de travail du verre.

Les défenses du camp illustrent son rôle stratégique : un rempart gaulois en deux états (IIe et Ier siècles av. J.-C.) combine blocs de grès et poutrage en chêne, tandis qu’un rempart romain (18 mètres de long) est renforcé par un fossé taillé dans le grès. Le plateau (3 hectares) abritait des activités artisanales variées, attestées par 460 kg de scories de forge, 19 coins en fer, et des outils (marteaux, pinces). Les divinités vénérées incluent Baco (dieu gaulois lié au hêtre) et, à l’époque romaine, Mercure (dieu du commerce et des voyageurs) et Jupiter-Taranis, comme en témoignent des stèles et des cavaliers à l’anguipède.

La toponymie du site reflète son histoire complexe : appelé tour à tour « camp des Suédois », « camp des Romains » ou « château des Sarrazins », son nom actuel pourrait dériver des bures (puits miniers ou fours de forge), en lien avec l’exploitation locale du fer et du grès. Les fouilles, initiées par Albert Ronsin (1964) puis dirigées par Georges Tronquart (1966-1986), ont exhumé 346 monnaies gauloises (Leuques, Rèmes, Séquanes), des armes (fers de lance, pointes de flèche), et des stèles funéraires romaines. Une partie du mobilier est exposée au musée Pierre-Noël de Saint-Dié-des-Vosges, où une maquette reconstitue le site.

Le site fut aussi un lieu de culte et de passage : au XVIIIe siècle, une croix « de l’enfant » fut érigée pour conjurer les attaques de loups, reflétant des pratiques superstitieuses locales. Les voies antiques environnantes, comme la route Herbaville-Void ou le pont celtique d’Étival-Clairefontaine, soulignent son rôle dans les échanges entre la plaine de Lorraine et les cols vosgiens. Aujourd’hui, des sentiers pédestres (depuis le col de la Crenée) permettent d’accéder au plateau, où une table d’orientation (1992) offre un panorama à 360° sur les sites voisins (Pierre d’Appel, Haute Pierre, Donon).

Les recherches archéologiques ont révélé une occupation multiforme : forgerons, bronziers, verriers, guerriers, et pèlerins s’y sont croisés. Les carrières de grès, exploitées dès l’époque romaine, fournissaient des dalles pour les constructions locales, tandis que les scories et outils (bigornes, marteaux) confirment une production métallurgique intensive. Le centre du plateau, point culminant, était probablement réservé aux divinités, tandis que la terrasse est servait de nécropole. Parmi les découvertes remarquables figurent des fibules de Nauheim (déchets d’atelier), des bracelets en verre, et des fragments de stèles représentant Mercure ou Jupiter cavalier.

Le camp de la Bure s’inscrit dans un réseau de sites de hauteur du massif des Vosges, comme la Croix Guillaume (Moselle) ou le Donon, où des sanctuaires dédiés à Mercure ont également été identifiés. Son abandon progressif après le IVe siècle coïncide avec le déclin des oppida gallo-romains, bien que des traces d’activités médiévales (céramique glaçurée) suggèrent une fréquentation sporadique. Aujourd’hui, le site, géré par la Société philomatique vosgienne, fait l’objet de projets de mise en valeur, tandis que ses vestiges (remparts, fossés, carrières) restent visibles en forêt, témoignant de près de 2 000 ans d’histoire.

Devenir actuel

Plusieurs parcours pédestres permettent d?accéder à ce site qui se trouve à huit kilomètres environ au nord-ouest du centre-ville de Saint-Dié-des-Vosges. L?accès par la route mène les visiteurs aux hameaux de la Pêcherie ou de Marzelay, puis sur le chemin forestier montant au col de la Crenée. À partir de là, c?est le départ de plusieurs sentiers de randonnées, qui conduisent sur ce site archéologique en une vingtaine de minutes environ.

Liens externes

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