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Camp central de Crique Anguille

Camp central de Crique Anguille


    97356 Montsinéry-Tonnegrande
Camp central de Crique Anguille
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Camp central de Crique Anguille
Camp central de Crique Anguille
Crédit photo : Chatsam - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
avril 1931
Création du camp
1939
Début des libérations
1940
Changement des gardiens
1945
Fermeture définitive
2012
Protection du site
25 mai 2023
Classement Monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le camp central de Crique Anguille, ses annexes et aménagements, circonscrits dans l’emprise des parcelles n° AT 299 et n° AT 300, et de tous vestiges qui viendraient à être découverts sur le sol ou dans le sous-sol de ces parcelles : inscription par arrêté du 25 mai 2023

Personnages clés

Opposants indochinois - Détenus politiques 500 prisonniers après le soulèvement de Yen-Bay (1930).
Tirailleurs sénégalais - Gardiens initiaux Remplacés en 1940 par des militaires guyanais.
Gouverneur de la Guyane - Autorité tutélaire Gérait directement le camp, hors administration pénitentiaire.
Bénévoles des Chantiers histoire et architecture médiévales - Restaurateurs (2014–2015) Participation aux travaux de réhabilitation du site.

Origine et histoire

Le camp Crique Anguille, aussi appelé bagne des Annamites, fut créé en avril 1931 sur la commune de Montsinéry-Tonnegrande en Guyane. Contrairement aux autres bagnes guyanais, il dépendait directement du gouverneur et non de l’administration pénitentiaire. Son objectif était double : isoler environ 500 opposants indochinois après le soulèvement de Yen-Bay (1930) et développer la région forestière de l’Inini via des travaux forcés (pistes, voie ferrée Decauville). Les détenus, logés dans sept bâtiments en bois construits par leurs soins, furent progressivement libérés à partir de 1939, avant la fermeture définitive du camp en 1945. Les derniers prisonniers, graciés, s’installèrent à Cayenne, fondant le quartier chinois actuel.

Le site, protégé par le Conservatoire du littoral depuis 2012, est accessible après 30 minutes de marche en forêt. Des vestiges ont été redécouverts entre 2013 et 2015 grâce à des chantiers de restauration menés par des bénévoles et des lycéens locaux, révélant des rails, des wagons et des moteurs d’exploitation. Ces travaux, supervisés par la commune et le Conservatoire, ont permis de réhabiliter le sentier jusqu’à la rivière Tonnégrande. Le camp a été inscrit aux Monuments historiques le 25 mai 2023, reconnaissant son importance patrimoniale liée à l’histoire coloniale et pénitentiaire française.

À l’origine, le camp occupait un terrain où se trouvait une ancienne habitation coloniale (XVIIIe–XIXe siècles), mais les vestiges actuels datent de la première moitié du XXe siècle. Les gardiens, initialement des tirailleurs sénégalais, furent remplacés en 1940 par des militaires guyanais en raison de la guerre. Aujourd’hui, le site témoigne de la déportation politique et du travail forcé, tout en illustrant les dynamiques de peuplement en Guyane. La colline administrative, les rails et les moteurs redécouverts offrent un aperçu concret des conditions de vie et d’exploitation des détenus.

Liens externes

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