Camp de concentration et d‘internement du Vernet à Saverdun dans l'Ariège

Camp de concentration et d‘internement du Vernet

  • 09700 Saverdun
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Crédit photo : LucasD - Sous licence Creative Commons
Propriété du département ; propriété de la commune ; propriété privée

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1918
Construction initiale
1939
Internement des républicains espagnols
1942
Camp de transit pour Juifs
1944
Fermeture du camp
3 mars 2019
Protection des vestiges
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les éléments suivants du camp de concentration et d'internement du Vernet, tels que délimités en rouge sur les plans annexés à l'arrêté : le cimetière (commune de Saverdun) ; les piliers d'entrée du camp, le château d'eau, la gare et l'ancien quai de débarquement, en totalité (commune du Vernet) ; les terrains d'assiette du camp (à l'exclusion des constructions non mentionnées ci-dessus) situés sur les communes de Saverdun et du Vernet (cad. Saverdun : E 1906, 1987, 2423, 3570, 3572, 3590, 3872, 3874, 3878 et 3879 ; Le Vernet : B 1131, 1133, 1134, 1143, 1144, 1146, 1149, 1423, 1456, 1475, 1476, 1481, 1488, 1492, 1506 à 1511, 1612 à 1617, 1627, 1629, 1859, 1860 et 1862) : inscription par arrêté du 5 mars 2019

Personnages clés

Arthur Koestler Écrivain ayant décrit les conditions d'internement dans son ouvrage La Lie de la terre.
Max Aub Écrivain interné au camp du Vernet.
Lion Feuchtwanger Écrivain interné au camp du Vernet.
Luigi Longo Militant communiste interné au camp du Vernet.
Franz Dahlem Militant communiste interné au camp du Vernet.
Erwin Blumenfeld Artiste interné au camp du Vernet.
Paul Merker Militant communiste interné au camp du Vernet.
Francisco Ponzán Vidal Résistant interné au camp du Vernet.
Sacha Schapiro Artiste interné au camp du Vernet.
Miguel Luengo Guillen Détenu ayant péri en tentant de s'évader du camp du Vernet.

Origine et histoire

Le camp du Vernet, situé sur la commune du Vernet en Ariège au bord de la route nationale 20 au nord de Pamiers, a été construit à partir de juin 1918 pour accueillir des troupes coloniales. Après la Première Guerre mondiale, il a été transformé en camp pour prisonniers allemands et autrichiens. De février à septembre 1939, il a servi à interner des républicains espagnols fuyant la défaite de la République. À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, le camp a été utilisé pour regrouper des étrangers considérés comme « indésirables » : militants communistes allemands et autrichiens, anarchistes, intellectuels antifascistes et membres des Brigades internationales. Les conditions d'internement y furent très dures ; Arthur Koestler, interné d'octobre 1939 à janvier 1940, les décrit dans son ouvrage La Lie de la terre. Le Vernet devint aussi un foyer de la Résistance et un lieu de départ de convois vers la déportation. À partir de 1942, il servit de camp de transit pour des Juifs arrêtés d'abord par l'administration de Vichy, puis par les autorités allemandes après l'invasion de la zone libre en novembre 1942. Le 10 juin 1944, le landesschützen bataillon n°726 de la Wehrmacht prit le commandement du camp ; le 30 juin, les 398 internés encore présents furent évacués vers Toulouse puis déportés quelques jours plus tard vers Dachau depuis la gare de Raynal par le « train fantôme », qui mit près de deux mois à atteindre sa destination. Le camp fut finalement fermé en juin 1944. Au total, environ 40 000 personnes de 54 nationalités y furent internées, essentiellement des hommes mais aussi des femmes et des enfants. Les bâtiments originels ont presque tous disparu ; subsistent toutefois deux piliers de la porte d'entrée, un château d'eau et les maisons des gardiens situées de l'autre côté de la route. L'ancienne gare du camp, en bordure de la nationale, accueille un wagon commémoratif semblable à ceux qui transportèrent des internés vers les camps d'extermination ; une plaque y rappelle la déportation, le 1er septembre 1942, d'une quarantaine d'enfants juifs âgés de 2 à 17 ans vers Auschwitz. Un musée consacré au camp se trouve au village du Vernet. Le cimetière du camp, sur la commune de Saverdun, conserve des tombes d'internés et plusieurs stèles rendant hommage à des internés victimes de répression ou de persécution ; un espace de mémoire avec des panneaux représentant toutes les nationalités a été aménagé devant l'entrée. Les vestiges du camp et le cimetière sont protégés au titre des monuments historiques par décret du 3 mars 2019. L'Amicale des anciens internés politiques et résistants du Vernet a œuvré à la création du musée et mène des actions de recherche, de conférences et d'expositions. Un débat historiographique subsiste sur l'emploi de l'expression « camp de concentration » pour désigner le Vernet : certains historiens de la Shoah préfèrent réserver ce terme aux camps nazis, tandis que l'Amicale rappelle que de nombreux documents d'archives utilisent cette appellation pour le site. Parmi les personnalités internées figurent des écrivains, des militants, des artistes et des résistants tels que Max Aub, Arthur Koestler, Lion Feuchtwanger, Luigi Longo, Franz Dahlem, Erwin Blumenfeld, Paul Merker, Francisco Ponzán Vidal et Sacha Schapiro ; d'autres détenus, comme Miguel Luengo Guillen, périrent en tentant de s'évader et furent inhumés localement.

Liens externes