Décrets-lois Laval-Daladier 1935 (≈ 1935)
Expropriation pour la poudrerie de Sept-Fonds
octobre 1939
Début des travaux
Début des travaux octobre 1939 (≈ 1939)
Construction du camp par des Espagnols
mai-juin 1940
Abandon du projet
Abandon du projet mai-juin 1940 (≈ 1940)
Arrêt des travaux après l’invasion allemande
1941-1944
Occupation par les chantiers de jeunesse
Occupation par les chantiers de jeunesse 1941-1944 (≈ 1943)
1 500 jeunes mobilisés sur le site
1944-1947
Usage militaire post-Libération
Usage militaire post-Libération 1944-1947 (≈ 1946)
Fusiliers de l’Air et prisonniers ukrainiens
1956
Arrivée des rapatriés d’Indochine
Arrivée des rapatriés d’Indochine 1956 (≈ 1956)
Transformation en CAFI (1 160 personnes)
1966
Fermeture du centre de Noyant-d’Allier
Fermeture du centre de Noyant-d’Allier 1966 (≈ 1966)
Sainte-Livrade devient le dernier CAFI
1978
Destruction de quatre baraquements
Destruction de quatre baraquements 1978 (≈ 1978)
Début de la désaffectation partielle
29 juin 2012
Classement aux monuments historiques
Classement aux monuments historiques 29 juin 2012 (≈ 2012)
Protection de la pagode et quatre bâtiments
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le quartier nord-ouest du camp, composé de quatre barres, de la pagode et son monument cultuel, ainsi que la madone dans son cadre végétal, en totalité (cad. AS 141) : inscription par arrêté du 29 juin 2012
Personnages clés
Pierre Laval - Homme politique
Auteur des décrets-lois de 1935
Édouard Daladier - Homme politique
Co-auteur des décrets-lois de 1935
Hélène Mousset - Historienne
Auteure d’une étude sur le camp
Origine et histoire
Le camp du Moulin du Lot fut initialement construit en 1939 par des réfugiés espagnols pour loger les ouvriers de la poudrerie nationale de Sept-Fonds, projet abandonné en 1940 après l’invasion allemande. Les ouvriers espagnols quittèrent alors le site, remplacé par 1 500 jeunes des chantiers de jeunesse jusqu’en 1944. Le camp servit ensuite de cantonnement militaire pour des fusiliers de l’Air, des régiments coloniaux (dont des Réunionnais), puis des prisonniers ukrainiens après la bataille de Royan, avant d’être désaffecté en 1947.
En 1956, le camp devint un Centre d’accueil des rapatriés d’Indochine (C.A.R.I.), accueillant 1 160 Français fuyant l’Indochine après les accords de Genève (1954). Géré par l’administration, il offrait logements, écoles, dispensaire et église, tout en imposant une assimilation culturelle (baptêmes, catéchisme). La Cimade y intervint avant d’en être expulsée dans les années 1970. Après la fermeture du dernier centre similaire en 1966, Sainte-Livrade resta le seul site hébergeant ces rapatriés, souvent employés dans les champs locaux.
Transféré à la commune en 1982, le camp fut partiellement préservé : la pagode, quatre baraquements et la madone furent inscrits aux monuments historiques en 2012. Ces éléments symbolisent aujourd’hui la mémoire des rapatriés et des différentes occupations du site, de 1939 à 1978. Les autres bâtiments, détruits en 1978, marquent la fin de son usage initial.
Le camp reflète ainsi plusieurs épisodes historiques majeurs : l’échec de la poudrerie sous l’Occupation, la réorganisation militaire d’après-guerre, et l’accueil des Français d’Indochine, illustrant les politiques migratoires et mémorielles de la France au XXe siècle.