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Camp de concentration et d‘internement du Vernet à Saverdun dans l'Ariège

Ariège

Camp de concentration et d‘internement du Vernet

    15 Plaine d'Embayonne
    09700 Saverdun
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Camp de concentration et d‘internement du Vernet
Crédit photo : LucasD - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
juin 1918
Construction du camp
février-septembre 1939
Internement des républicains espagnols
1939-1944
Période Vichy
1942
Camp de transit pour Juifs
30 juin 1944
Évacuation finale
3 mars 2019
Protection des vestiges
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les éléments suivants du camp de concentration et d'internement du Vernet, tels que délimités en rouge sur les plans annexés à l'arrêté : le cimetière (commune de Saverdun) ; les piliers d'entrée du camp, le château d'eau, la gare et l'ancien quai de débarquement, en totalité (commune du Vernet) ; les terrains d'assiette du camp (à l'exclusion des constructions non mentionnées ci-dessus) situés sur les communes de Saverdun et du Vernet (cad. Saverdun : E 1906, 1987, 2423, 3570, 3572, 3590, 3872, 3874, 3878 et 3879 ; Le Vernet : B 1131, 1133, 1134, 1143, 1144, 1146, 1149, 1423, 1456, 1475, 1476, 1481, 1488, 1492, 1506 à 1511, 1612 à 1617, 1627, 1629, 1859, 1860 et 1862) : inscription par arrêté du 5 mars 2019

Personnages clés

Arthur Koestler - Écrivain et journaliste Interné en 1939-1940, auteur de *La Lie de la terre*.
Lion Feuchtwanger - Écrivain allemand pacifiste Interné comme antifasciste pendant la guerre.
Francisco Ponzán Vidal - Anarcho-syndicaliste espagnol Organisateur de réseaux d’évasion depuis le camp.
Erwin Blumenfeld - Photographe américain Interné avant de fuir aux États-Unis.
Joseph Bass - Résistant juif français Fondateur du réseau André, interné au Vernet.
Carlos Duchatellier - Artiste peintre haïtien Témoignages visuels de la vie dans le camp.

Origine et histoire

Le camp du Vernet, construit en juin 1918 près de Saverdun en Ariège, fut initialement conçu pour accueillir des troupes coloniales. Après la Première Guerre mondiale, il servit de camp pour prisonniers allemands et autrichiens, puis, dès février 1939, d’internement pour les républicains espagnols fuyant la guerre civile (Retirada). Ce site devint un symbole de la répression sous le régime de Vichy, accueillant environ 40 000 internés de 54 à 58 nationalités entre 1939 et 1945.

Sous Vichy (1939-1944), le camp internait des étrangers jugés « indésirables » : communistes, anarchistes, antifascistes, Juifs et travailleurs des Compagnies de Travailleurs Étrangers (CTE). Les conditions y étaient extrêmes, décrites par des internés comme Arthur Koestler dans La Lie de la terre. À partir de 1942, il devint un camp de transit pour les Juifs arrêtés, avant leur déportation vers Dachau ou Auschwitz, notamment via le « train fantôme » de juin 1944.

Le camp fut évacué le 30 juin 1944 par les Allemands, qui déportèrent les 398 derniers internés vers Dachau. Aujourd’hui, il n’en reste que des vestiges (piliers d’entrée, château d’eau, cimetière) protégés depuis 2019. Un musée au Vernet et des stèles commémoratives (antifascistes, résistants, déportés juifs) perpétuent la mémoire des victimes. Le débat historiographique persiste sur son qualification de « camp de concentration », terme utilisé dans les archives mais contesté par certains historiens.

Parmi les internés célèbres figurent des intellectuels comme Lion Feuchtwanger, des artistes comme Erwin Blumenfeld, ou des résistants comme Francisco Ponzán. Le camp illustre aussi la diversité des mémoires, entre répression politique et persécution raciale, avec des hommages distincts pour les antifascistes, les Juifs, et les républicains espagnols. Les recherches de l’Amicale des Anciens Internés du Vernet contribuent à documenter cette histoire complexe.

Les lieux de mémoire incluent un wagon commémoratif à la gare du Vernet, rappelant les convois de déportation, et un espace multilingue devant le cimetière. Ces éléments soulignent l’importance du camp comme témoin des violences du XXe siècle, entre collaboration, résistance et Shoah, dans un contexte où l’Ariège fut à la fois terre d’accueil et de répression.

Liens externes