Frise chronologique
1837
Décision de creusement
Décision de creusement
1837 (≈ 1837)
Projet lancé pour contourner les rapides.
1838-1843
Construction du canal
Construction du canal
1838-1843 (≈ 1841)
Chantier dirigé par Pierre Vauthier.
1844
Ouverture du canal
Ouverture du canal
1844 (≈ 1844)
Première circulation des gabares.
1879
Concurrence ferroviaire
Concurrence ferroviaire
1879 (≈ 1879)
Déclin progressif du transport fluvial.
1926
Fin de la navigabilité officielle
Fin de la navigabilité officielle
1926 (≈ 1926)
Désengagement de l’État en amont.
1996
Inscription monument historique
Inscription monument historique
1996 (≈ 1996)
Protection de l’aqueduc et pont-déversoir.
2014
Réouverture partielle
Réouverture partielle
2014 (≈ 2014)
Tronçon Port-de-Couze-Saint-Capraise navigable.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Aqueduc et pont-déversoir de la Tuilerie de Villeneuve (cad. AP 188) : inscription par arrêté du 11 septembre 1996
Personnages clés
| Pierre Vauthier - Ingénieur en chef |
Concepteur du canal et des ouvrages. |
| Louis-Philippe Ier - Roi de France |
Critiqua les coûts du projet. |
| Saint Front - Figure légendaire |
Aurait tué le coulobre de Lalinde. |
Origine et histoire
Le canal de Lalinde, long de 15 km, fut creusé entre 1838 et 1843 sous la direction de l’ingénieur Pierre Vauthier pour contourner les rapides dangereux de la Dordogne, comme ceux du Grand Thoret ou de la Gratusse. Ce projet, décidé en 1837 et financé par l’État, visait à sécuriser le transport fluvial entre Mauzac et Tuilières, malgré des coûts jugés excessifs par le roi Louis-Philippe Ier. Le canal, équipé de neuf écluses et de plusieurs ponts, devint opérationnel en 1844, marquant le début d’une activité batelière intense jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.
Parmi les ouvrages remarquables du canal, l’aqueduc et le pont-déversoir de la Tuilerie de Villeneuve, situé à Sauvebœuf près de Lalinde, permet au ruisseau de Drayaux de passer sous le canal. Cet ensemble, inscrit aux monuments historiques en 1996, illustre l’ingéniosité des techniques hydrauliques du XIXe siècle. Le canal traversait six villages et incluait des infrastructures comme des maisons d’éclusiers, des pigeonniers, et un bassin de radoub, reflétant son rôle économique pour les industries locales (minoteries, papeteries).
Malgré la concurrence du chemin de fer à partir de 1879, le canal resta en usage jusqu’au milieu du XXe siècle. En 1926, son déclin s’amorça avec la suppression de la navigabilité de la Dordogne en amont de Saint-Pierre-d’Eyraud. En 1964, un accident tragique lors du Tour de France à Port-de-Couze entraîna le busage partiel du canal. Depuis 1992, sa gestion est confiée au Syndicat intercommunal du canal de Lalinde, qui a restauré certains tronçons, comme celui entre Port-de-Couze et Saint-Capraise-de-Lalinde, rouvert à la navigation en 2014.
La légende locale évoque un monstre, le coulobre de Lalinde, censé hanter les rapides de la Gratusse avant la construction du canal. Ce dragon, tué par saint Front selon la tradition, symbolisait les dangers de la rivière avant son aménagement. Aujourd’hui, le canal, bien que partiellement ensablé ou modifié, reste un témoignage du patrimoine industriel et fluvial de la région, avec un potentiel touristique croissant.