Construction du canal XIIe siècle (après 1142) (≈ 1250)
Créé par les moines cisterciens sous Étienne d'Obazine.
12 avril 1965
Premier classement MH
Premier classement MH 12 avril 1965 (≈ 1965)
Protection du sol et du réservoir.
24 janvier 1966
Second classement MH
Second classement MH 24 janvier 1966 (≈ 1966)
Extension à l'ensemble du canal.
2006–2010
Restauration majeure
Restauration majeure 2006–2010 (≈ 2008)
Après dégradations (tempête, canicule).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Sol et réservoir (cad. B 56, 57) : classement par arrêté du 12 avril 1965 ; Parties construites à partir de la prise d'eau du Coiroux jusqu'au vivier aux lieudits La Charde, au Bourg, Les Peyrottes, Coiroux, Rochesseux (cad. B ; domaine public) : classement par arrêté du 24 janvier 1966
Personnages clés
Étienne d'Obazine - Premier abbé de l'abbaye d'Obazine
Initiateur du canal, lié au miracle.
Origine et histoire du Canal
Le canal des moines d'Aubazine est un canal d'irrigation de 1 700 m, construit au XIIe siècle par les moines cisterciens de l'abbaye d'Obazine pour alimenter leur monastère en eau. Il servait à l'hygiène, aux moulins, aux ateliers et à l'irrigation des potagers. Son tracé, long du flanc de la vallée du Coiroux, est remarquable par son ingénierie : faible pente constante, murs de soutènement et creusements dans la roche granitique, comme la brèche Saint-Étienne.
La construction, initiée après 1142 sous l'abbé Étienne d'Obazine, nécessita de dévier les eaux du Coiroux en amont du village. Les moines taillèrent le lit rocheux sur plus d'1,5 km et bâtirent des murs épais pour soutenir le canal, parfois à 40 m au-dessus du précipice. Une légende raconte qu'Étienne, face à un bloc de granit obstruant le chantier, le bénit, provoquant sa division miraculeuse.
Classé monument historique en 1965 et 1966, le canal fut restauré entre 2006 et 2010 après des dégradations causées par la tempête de 1999, la canicule de 2003 et le manque d'entretien. Il alimente encore aujourd'hui des parcelles de la commune. Son parcours, accessible par un sentier, se termine dans un bassin rectangulaire (ancien vivier) sous les fenêtres du réfectoire de l'abbaye.
L'ouvrage illustre l'expertise hydraulique des cisterciens, combinant utilité pratique (moulins, irrigation) et symbolisme religieux. La brèche Saint-Étienne, les baignoires et les bretèches taillées dans le granit témoignent de leur maîtrise technique. Malgré la vente du monastère à la Révolution, le canal resta en service, soulignant son importance pour la communauté locale.
Architecturalement, le canal alterne sections creusées dans la roche et murs de granit appareillés. Sa pente douce (0,5 %) suit les courbes de la montagne, tandis que sa portion finale, plus pentue, se jette dans le vivier abbatial. Ce système, toujours partiellement fonctionnel, est un rare exemple médiéval d'aménagement hydraulique monastique préservé.