Canal Saint-Martin à Paris 10ème dans Paris 10ème

Patrimoine classé Canal

Canal Saint-Martin

  • Quai de Jemmapes
  • 75010 Paris 10e Arrondissement
Canal Saint-Martin - Paris 10ème
Canal Saint-Martin
Canal Saint-Martin
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Canal Saint-Martin
Canal Saint-Martin
Crédit photo : Myrabella - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1802
Projet de création
1804
Projet napoléonien
1809-1815
Retard de construction
1815
Relance par Louis XVIII
1822
Début des travaux
1825
Inauguration du canal
1860
Couverture partielle
1861
Acquisition par Paris
1862
Voûtement partiel
1971
Abandon du projet autoroutier
1974
Classement historique
1993
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ensemble, allant de la place Stalingrad (Paris 10e) à la place de la Bastille (Paris 11e) , ainsi que l'écluse dite de la Bastille, formé par le canal dans sa partie couverte et découverte (comprise entre les deux chaussées) , par les passerelles de la Douane, Bichat et de la Grange-aux-Belles avec son pont tournant, par les neuf écluses (dites de la Villette, des Morts, des Récollets, du Temple, de la Bastille) (cad. 10 : 03 BC 73, 74, 102, 103 ; 10 : 03 BI 52, 44 ; 10 : 04 BP 39 ; 10 : 04 BS 52 ; 10 : 04 BT 17 ; 10 : 04 BW 62 ; 10 : 04 BX 35 ; 10 : 04 BY 40) : inscription par arrêté du 23 février 1993

Personnages clés

Napoléon Bonaparte Premier consul ayant fixé l'objectif de création du canal en 1802.
Gaspard de Chabrol Préfet de la ville de Paris qui propose le projet de canalisation de l'Ourcq.
Louis XVIII Relance le projet de canalisation après la situation de la France.
Georges-Eugène Haussmann Urbaniste ayant impulsé le voûtement partiel du canal.
Eugène Dabit Auteur du roman 'Hôtel du Nord' inspiré par le canal.
Marcel Carné Réalisateur du film 'Hôtel du Nord' tourné en studio.
Napoléon Premier consul ayant lancé le projet d'alimentation en eau de Paris.
Pierre-Simon Girard Ingénieur ayant supervisé la construction du canal.
Georges Eugène Haussmann Préfet ayant ordonné la couverture partielle du canal.

Origine et histoire du Canal

Le canal Saint‑Martin est un canal parisien de 4,55 km, principalement situé dans les 10e et 11e arrondissements, qui relie le bassin de la Villette au port de l'Arsenal, communiquant avec la Seine. Destiné à l'origine à l'adduction d'eau potable, il est de petit gabarit, comporte neuf écluses et deux ponts tournants pour une dénivellation totale de 25 m. Avec le canal de l'Ourcq, le bassin de la Villette et le canal Saint‑Denis, il fait partie du réseau des canaux parisiens, long de 130 km et appartenant à la Ville de Paris, et il est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 23 février 1993. Le site est desservi par de nombreuses stations de métro situées à proximité du tracé, de la gare de l'Est et Château‑Landon au nord‑est jusqu'à la Bastille et la place de la République au sud‑ouest. L'entrée du canal se trouve à la double écluse de la Villette, place de la Bataille‑de‑Stalingrad, près de la rotonde de la Villette. En surface, il est bordé par les quais de Valmy et de Jemmapes, où se situe l'Hôtel du Nord, rendu célèbre par le roman d'Eugène Dabit et par le film, dont les scènes ont toutefois été reconstituées en studio. Le bassin Louis‑Blanc repose sur un lit maçonné soutenu par des pilotis ; lors de l'enfouissement du canal, le lit a dû être abaissé et fondé sur des piliers de 16 m de profondeur espacés d'environ 10 m, mais la dissolution du sous‑sol a créé un vide sous l'ouvrage. À partir du boulevard Jules‑Ferry, le canal est couvert sur 1 800 m par des voûtes — dont la voûte du Temple, la voûte Richard Lenoir et la voûte de la Bastille — qui comportent des oculi assurant ventilation et éclairage naturel. Le canal s'ouvre ensuite sur le port de l'Arsenal, après être passé sous le boulevard Richard‑Lenoir et la place de la Bastille. Plusieurs bassins jalonnent le parcours — les bassins des Morts, du Combat, Louis‑Blanc, des Récollets et des Marais — séparés par cinq écluses, dont quatre sont doubles (La Villette, des Morts, des Récollets, du Temple) et l'écluse de l'Arsenal. La traversée se fait au moyen de deux ponts tournants, de deux ponts fixes pour la circulation automobile et d'une série de passerelles piétonnes qui portent des noms récents et anciens tels que Maria‑Pacôme, Maria‑Casarès, Michèle‑Morgan, Emmanuelle‑Riva ou Jane‑Birkin. Sous l'Ancien Régime, l'approvisionnement en eau potable de Paris était insuffisant et souvent de mauvaise qualité, ce qui conduisit Napoléon, alors Premier consul, à lancer un vaste projet d'alimentation en eau. La création du canal Saint‑Martin a été décidée par la loi du 29 floréal an X et son exécution a été confiée notamment à l'ingénieur Pierre‑Simon Girard ; la construction, retardée par la situation de la France au début du XIXe siècle, a été financée par des sociétés de concessions créées au début des années 1820. Après la pose de la première pierre en 1822, le canal a été inauguré en 1825. Dans les années 1860, sous l'autorité de Georges Eugène Haussmann, le canal partiellement couvert a vu son niveau abaissé pour permettre la circulation terrestre au‑dessus des voûtes tout en conservant la navigation, et des remorqueurs à vapeur ont commencé à tracter les péniches sous ces voûtes. Une importante sécheresse entre 1858 et 1865 conduisit, par décret impérial de 1866, à l'autorisation de prélèvements dans la Marne et à la construction d'usines élévatoires, dont celle de Trilbardou qui relève l'eau de 12 m pour alimenter le réseau. À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, le bassin de la Villette était un port majeur et le canal connut son âge d'or en assurant l'acheminement d'eau, de céréales et de matériaux jusque dans Paris. Le halage par traction humaine perdura jusque dans les années 1920, puis la concurrence routière et ferroviaire entraîna une forte baisse du trafic à partir des années 1960, provoquant la fermeture d'usines et le dépeuplement ouvrier des berges. Dans les années 1960 le projet de transformer le tracé en autoroute urbaine menaçait le canal, mais il fut finalement abandonné en 1971 ; une étude confiée en 1973 et le classement du site en 1974 ont permis la restauration progressive des quais dans les années suivantes. Aux environs des années 2000, les quartiers au sud‑ouest du canal ont connu une gentrification marquée par une hausse rapide des loyers entre 1998 et 2012, une évolution qui s'est étendue ensuite à l'est. Aujourd'hui le canal sert surtout au tourisme fluvial et à la promenade : il est ouvert 363 jours par an et ses berges sont très fréquentées pour les promenades et les pique‑niques, avec une fermeture à la circulation dans le cadre de l'opération "Paris respire" les dimanches et jours fériés selon des horaires saisonniers. La faune et la flore des canaux parisiens comportent 303 espèces végétales, dont une douzaine d'espèces plutôt rares, près de 90 espèces d'oiseaux en période de nidification — le héron cendré étant présent et le canard colvert étant l'espèce la plus répandue — ainsi que des reptiles protégés comme le lézard des murailles et la couleuvre à collier, et des amphibiens tels que la grenouille verte et la grenouille rousse. Depuis 2006, le canal est aussi un lieu d'installation pour de nombreux réfugiés venus d'Afghanistan et d'autres pays d'Asie centrale ; ils seraient environ 200 à y dormir en attendant l'examen de leur demande d'asile, une situation préoccupante dénoncée par des associations et parfois limitée par les règles de Dublin II. Les autorités et associations ont mené des opérations de démantèlement de camps, notamment le 20 juillet 2010, mais le quai de Jemmapes continue d'accueillir un nombre important de migrants après la crise migratoire européenne. L'entretien du canal implique périodiquement des opérations lourdes sur les écluses et les mécanismes associés ; des périodes d'arrêt technique ont été organisées à plusieurs reprises et, lors des travaux de 2001‑2002, 40 tonnes de déchets ont été retirées et traitées. Entre le 4 janvier et le début du mois d'avril 2016, un chantier d'entretien a inclus la mise en place de barrages étanches en amont et en aval, des vidanges partielles puis totales, une pêche de sauvegarde des poissons, l'évacuation des déchets, des réparations et le nettoyage avant la remise en eau. Le canal a inspiré de nombreux artistes : en peinture Alfred Sisley lui a consacré une série, Alfred Courmes et Ignace‑François Bonhommé l'ont également représenté, et il apparaît dans des chansons et des œuvres contemporaines, tandis que la salle de concert Point Éphémère occupe ses berges. Il figure de façon récurrente au cinéma et à la télévision, apparaissant notamment dans L'Atalante, Hôtel du Nord, Le Clan des Siciliens, Les Malheurs d'Alfred, Le Dernier Tango à Paris, le documentaire Vivre est une solution et plusieurs autres films et séries, et il a servi de décor à des émissions diffusées depuis un bateau.

Liens externes