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Carrière de Colligis

Carrière de Colligis

    Route Sans Nom
    02860 Colligis-Crandelain
Propriété privée

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
Milieu du XVIe siècle
Début de l'exploitation attestée
1814
Refuge pendant la campagne de France
1914-1918
Occupation allemande pendant la Première Guerre mondiale
26 janvier 2000
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Carrière (cad. A 151) : inscription par arrêté du 26 janvier 2000

Personnages clés

Henri IV - Roi de France Siège de Laon (guerres de Religion).

Origine et histoire

La carrière de Colligis, située dans la commune de Colligis-Crandelain (département de l’Aisne, région Hauts-de-France), est une vaste exploitation souterraine dont l’activité est attestée dès le milieu du XVIe siècle. Creusées sous les collines entre l’Ailette et l’Ardon, ses galeries s’étendaient sur plusieurs kilomètres, servant à l’extraction de pierre utilisée notamment pour des sarcophages mérovingiens. Les conditions de travail y étaient difficiles, avec des risques d’éboulements fréquents et des ouvriers s’y égarant parfois.

Au fil des siècles, la carrière a joué un rôle de refuge lors de conflits majeurs. Pendant les guerres de Religion, les paysans s’y abritèrent lors du siège de Laon par Henri IV. En 1814, après la prise de Soissons par les Coalisés, près de 10 000 personnes et 7 000 à 8 000 animaux s’y réfugièrent pendant 35 jours pour échapper aux violences des Prussiens et des Cosaques. Ces occupations civiles ont laissé de nombreux graffiti, aux côtés de traces rupestres datées du XVIe au XIXe siècle.

Lors de la Première Guerre mondiale, la carrière fut utilisée par les Allemands, qui y laissèrent 137 inscriptions, dont un blason sculpté et des graffitis patronymiques. Après le conflit, le site fut réouvert comme champignonnière, effaçant partiellement les aménagements allemands. Les graffiti, antérieurs et postérieurs à 1914-1918, témoignent de son usage continu par les carriers et les réfugiés. La carrière a été inscrite aux monuments historiques le 26 janvier 2000 pour sa valeur patrimoniale et mémorielle.

Aujourd’hui, le site conserve des centaines de graffiti historiques, reflétant son importance à la fois économique (extraction de pierre, culture de champignons), militaire (refuge et occupation) et sociale (lieu de mémoire collective). Son inscription comme monument historique souligne son rôle dans l’histoire locale et nationale, notamment pour les périodes de crise et de conflit.

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