Propriété de l'Etat ; propriété d'une société privée
Frise chronologique
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
…
2000
1610
Découverte des gisements
Découverte des gisements 1610 (≈ 1610)
Jean d'Alibert fait appel à Stéfano Soriano pour évaluer les gisements de marbre jaspé.
1633
Concession obtenue
Concession obtenue 1633 (≈ 1633)
Stéfano Soriano obtient la concession pour exploiter les carrières de marbre.
1662
Marbre à la mode
Marbre à la mode 1662 (≈ 1662)
Les marbres jaspés du Languedoc deviennent populaires en France.
1665
Commercialisation en France
Commercialisation en France 1665 (≈ 1665)
Des intérêts italiens s'associent pour commercialiser les marbres en France.
1685
Ouverture du canal du Midi
Ouverture du canal du Midi 1685 (≈ 1685)
Le canal du Midi facilite la diffusion des marbres dans tout le pays.
2006
Inscription historique
Inscription historique 2006 (≈ 2006)
Les carrières sont inscrites au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les trois anciennes carrières de marbre, à savoir la carrière du Roi (cad. C 418, 1015) , la carrière de marbre gris (cad. C 1014) , la carrière du roc de Buffens (cad. C 100) et les rampes d'accès associées (cad. C 418) : inscription par arrêté du 2 juin 2006
Personnages clés
Jean d'Alibert
Abbé de Caunes qui a fait appel à Stéfano Soriano pour évaluer les gisements de marbre.
Stéfano Soriano
Maître marbrier qui a obtenu la concession pour exploiter les carrières de marbre en 1633.
Origine et histoire de la Carrière du Roi
Les trois anciennes carrières — la carrière du Roi, la carrière de marbre gris et la carrière du roc de Buffens — témoignent de l'exploitation des marbres du Languedoc aux XVIIe et XVIIIe siècles. Elles sont situées sur la commune de Caunes-Minervois, dans le département de l'Aude. Vers 1610, Jean d'Alibert, abbé de Caunes, profita d'un voyage à Rome pour faire appel à Stéfano Soriano (ou Sormano selon les sources), maître marbrier à Savone, afin d'estimer les gisements de marbre jaspé autour de son abbaye. Après des recherches et des essais prolongés, Soriano obtint la concession en 1633 et l'exploitation se développa rapidement, l'essentiel de la production étant exporté vers l'Italie. À partir de 1662, les marbres jaspés rouges ou verts dits du Languedoc devinrent à la mode en France et incarnèrent le marbre baroque par excellence. En 1665, des intérêts italiens s'associèrent aux sieurs Baux et Rossy pour la commercialisation en France, et, vingt ans plus tard, l'ouverture du canal du Midi facilita la diffusion de ces marbres dans tout le pays, notamment à Toulouse et à Paris. La carrière dite du Roi fournit de nombreux éléments pour Versailles, en particulier les colonnes et pilastres du Grand Trianon. Une dizaine de points d'extraction anciens sont connus sur le plateau des Terralbes et le versant de Buffens, dans les gorges de l'Argent-Double, où un front de taille vertical dépasse cinquante mètres. Après un déclin à l'époque classique, les marbres de Caunes redevinrent prisés au XIXe siècle, les variétés monochromes étant alors préférées : griottes rouges et vertes finement rubanées ou œillées, et un gris fin piqueté de fragments de coquillages fossiles. Aujourd'hui, ce sont les variétés rouges et panachées qui sont toujours exploitées dans la carrière Rocamat, dont l'extension a détruit une partie des travaux anciens ; la majeure partie de la production contemporaine est exportée vers l'Italie. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, d'après des données de 1865 et de 1881, Caunes comptait huit entreprises de marbrerie employant entre 110 et 120 personnes. L'ensemble est inscrit au titre des monuments historiques en 2006.