Frise chronologique
Ier siècle
Début de l'exploitation
Début de l'exploitation
Ier siècle (≈ 150)
Période romaine, production intense.
Haut Moyen Âge
Poursuite de l'extraction
Poursuite de l'extraction
Haut Moyen Âge (≈ 738)
Témoignages de méthodes variées.
1810
Fin des habitats troglodytes
Fin des habitats troglodytes
1810 (≈ 1810)
Caves utilisées par des familles.
1934
Arrêt définitif de l'exploitation
Arrêt définitif de l'exploitation
1934 (≈ 1934)
Fin des activités minières.
12 janvier 2001
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
12 janvier 2001 (≈ 2001)
Protection du sol et sous-sol.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Sol et sous-sol de l'ensemble de la parcelle de la carrière, y compris les divers fronts de taille (cad. E 86) : inscription par arrêté du 12 janvier 2001
Personnages clés
| Albert Barthélemy - Historien local |
Auteur d’articles sur les carrières (1983). |
Origine et histoire
Les carrières de la Lie, situées sur le territoire de la commune de La Roche-Vineuse (Saône-et-Loire, Bourgogne-Franche-Comté), sont un ensemble d’anciennes exploitations minières installées sur le flanc d’une colline. Elles dominent les hameaux de Sommère et des Bouteaux, à environ 10 km de Mâcon. Le site s’étend sur 300 mètres de long, avec une largeur variant entre 55 et 150 mètres, et une hauteur pouvant atteindre 20 mètres. Les roches extraites, datées du Jurassique supérieur, incluent des calcaires lithographiques (durs et résistants) et des calcaires pisolytiques (tendres), utilisés dans la construction.
L’exploitation des carrières a débuté au Ier siècle (période romaine), avec une production particulièrement intense durant le Haut-Empire. L’activité a connu des phases d’abandon avant de cesser définitivement en 1934. Jusqu’en 1810, le site abritait des caves et souterrains vastes, servant de refuge à des conscrits réfractaires et à des familles troglodytes. Une activité d’extraction de sable y était également pratiquée. Les vestiges incluent des fronts de taille, des sarcophages inachevés et d’autres témoignages des méthodes d’extraction antiques et médiévales.
Classées Monument Historique depuis le 12 janvier 2001, les carrières de la Lie sont aujourd’hui protégées pour leur sol et leur sous-sol, incluant l’ensemble des parcelles et des fronts de taille (cadastre E 86). Le site appartient à la commune de La Roche-Vineuse et offre un témoignage rare des techniques minières de l’Antiquité au Haut Moyen Âge, ainsi que de leur réutilisation ultérieure comme habitat ou cachette.
Les calcaires extraits, notamment les variétés lithographiques, étaient prisés pour leur résistance, tandis que les calcaires pisolytiques, plus tendres, pouvaient être travaillés plus facilement. La carrière à ciel ouvert, majoritairement exploitée durant l’Antiquité, conserve des traces de ces différentes phases, avec des blocs abandonnés en cours de taille, comme des sarcophages. Ces éléments illustrent l’évolution des besoins et des savoir-faire locaux, liés à la fois à la construction, à l’art funéraire et aux usages domestiques.
Au XIXe siècle, le site était encore partiellement occupé, avec des femmes et des enfants vivant en troglodytes dans les galeries. Cette occupation marginalisée reflète les difficultés sociales de l’époque, où les carrières offraient un abri discret pour les populations vulnérables. L’abandon progressif de l’extraction au profit d’autres activités, comme le prélèvement de sable, marque la transition vers une désaffectation totale en 1934.
Les carrières de la Lie sont documentées par des sources locales, comme les articles d’Albert Barthélemy parus en 1983 dans Images de Saône-et-Loire, qui décrivent leur histoire et leur géologie. Leur inscription aux Monuments Historiques souligne leur valeur patrimoniale, à la fois archéologique, géologique et sociale, pour la région Bourgogne-Franche-Comté.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Période d'ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site officiel ci-dessus.