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Cartoucherie de Bourg-lès-Valence dans la Drôme

Patrimoine classé Patrimoine industriel

Cartoucherie de Bourg-lès-Valence

    Quartier de Chony 
    26500 Bourg-lès-Valence
Propriété de la commune
Cartoucherie de Bourg-lès-Valence
Cartoucherie de Bourg-lès-Valence
Cartoucherie de Bourg-lès-Valence
Cartoucherie de Bourg-lès-Valence
Cartoucherie de Bourg-lès-Valence
Cartoucherie de Bourg-lès-Valence
Cartoucherie de Bourg-lès-Valence
Cartoucherie de Bourg-lès-Valence
Cartoucherie de Bourg-lès-Valence
Cartoucherie de Bourg-lès-Valence
Cartoucherie de Bourg-lès-Valence
Cartoucherie de Bourg-lès-Valence
Crédit photo : Morburre - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1855
Fondation de l'usine textile
1866
Faillite de l'usine textile
1874
Transformation en cartoucherie nationale
1914-1918
Apogée pendant la Première Guerre mondiale
1940-1944
Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale
1964
Fin de la production de munitions
2003
Classement à l’inventaire des Monuments historiques
2009
Ouverture de la Cour des Images
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le bâtiment principal et la cheminée d'usine, l'entrepôt de 1902, la poudrière de 1878, la gare, ainsi que le bassin avec ses annexes et canalisations (cad. B 2587) : inscription par arrêté du 5 février 2003

Personnages clés

Noël Sanial - Industriel et fondateur Crée l’usine textile en 1855, inspiré par le fouriérisme.
Henri Eugène Cabotse - Directeur et résistant Membre d’un réseau clandestin pendant la Seconde Guerre mondiale.
Jacques-Rémy Girerd - Fondateur de Folimage Initiateur de la reconversion en Cour des Images (2009).

Origine et histoire

La cartoucherie de Bourg-lès-Valence trouve ses origines en 1855, lorsque l’industriel Noël Sanial y fonde une usine textile sur un domaine de 12 hectares au quartier de Chony. Inspiré par les idées fouriéristes, il construit un vaste ensemble en briques avec pavillons de pierre, destiné à la fabrication d’indiennes, de châles et de tapis en soie et coton. Employant jusqu’à 900 ouvriers, l’usine pâtit cependant de la crise de la sériciculture, de la guerre de Sécession (rupture d’approvisionnement en coton) et de deux incendies (1858, 1862), conduisant Sanial à la faillite en 1866.

En 1874, l’État rachète le site pour en faire une cartoucherie nationale, modernisant les infrastructures avec une gare reliée à la ligne Valence-Grenoble et des ateliers adaptés à la production de cartouches en laiton (marquées « VE »). L’usine connaît un essor majeur pendant la Première Guerre mondiale, passant de 450 à 3 000 employés, majoritairement des femmes. Son apogée intervient avant la Seconde Guerre mondiale, avec 4 000 travailleurs, avant que l’armistice de 1940 ne réduise drastiquement son activité.

Durant l’Occupation, la cartoucherie devient un foyer de résistance. Son directeur, le général Henri Eugène Cabotse (membre d’un réseau clandestin), facilite des opérations comme le vol d’une tonne d’armes en décembre 1943. Quatre employés, arrêtés pour ces faits, sont déportés à Buchenwald. Après 1945, l’activité décline progressivement : la production cesse en 1964, laissant place à des entreprises comme la SOGEV (matériel nucléaire et spatial), puis la SOGEME (électronique, radar), avant le départ définitif de l’industrie en 2020.

Depuis 2009, le site renaît sous le nom de Cour des Images, accueillant des studios d’animation renommés (Folimage, La Poudrière), des écoles (École européenne du cinéma d’animation) et des associations culturelles. Classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 2003, l’ensemble conserve son architecture industrielle caractéristique : bâtiment principal de 1855, cheminée de 30 mètres, poudrière de 1878, et gare militaire avec son bassin hydraulique.

L’architecture reflète son double passé : le quadrilatère en briques, typique des usines textiles du XIXe siècle, intègre des éléments fouriéristes (espaces ouverts, colonnes de fonte). La cartoucherie y ajoute des infrastructures militaires, comme la voie ferrée Decauville reliant la gare aux ateliers. Aujourd’hui, ce patrimoine allie mémoire industrielle et dynamisme créatif, symbolisant la reconversion des friches en lieux de culture.

La poudrière (1878), isolée pour des raisons de sécurité, et le magasin à munitions (dite « la gare »), témoignent de l’adaptation du site à la production d’armement. Ces éléments, avec la cheminée et les canalisations hydrauliques, sont protégés depuis 2003. Le site illustre ainsi les mutations économiques et technologiques de la Drôme, de la révolution industrielle à l’ère numérique.

Liens externes