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Caserne de Vaux à Montbrison dans la Loire

Caserne de Vaux


    42600 Montbrison
Propriété de l'Etat
Crédit photo : Thérèse Gaigé - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1729
Décision de construction
12 novembre 1729
Plans dressés
25 novembre 1729
Adjudication des travaux
1731
Début des travaux
1733-1734
Construction du portail
10 juillet 1738
Décès de Grangé
août 1742
Achèvement des travaux
1791
Abandon militaire
1802
Réoccupation militaire
1809
Canal de salubrité
1923
Dissolution du 16e RI
26 septembre 1979
Cession à la commune
août 1980
Destruction de la caserne
1984
Restauration des vestiges
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Porte d'entrée principale : inscription par arrêté du 9 mai 1927

Personnages clés

Pierre de Masso de la Ferrière - Commandant royal Commanditaire pour le Lyonnais, Forez et Beaujolais.
Pierre Poulletier - Intendant de Lyon Co-commanditaire de la caserne.
André-Nicolas Deville - Ingénieur du Roi Auteur des plans et devis (1729).
Jean-François Grangé - Entrepreneur initial Adjudicataire des travaux en 1729.
Joseph-Ferdinand Chazaux - Tailleur de pierres Réalisa le portail (1734).
Pierre Grangé - Entrepreneur successeur Reprit les travaux après 1738.
Nicolas-François Deville - Ingénieur (fils d’André-Nicolas) Finalisa l’ameublement en 1742.
Pierre Imbert - Négociant fournisseur Adjudicataire du mobilier (1742).
Joseph Merley - Fabricant de rubans Occupa la caserne en 1791.

Origine et histoire

La caserne de Vaux, construite au 3e quart du XVIIIe siècle à Montbrison, était un édifice militaire imposant, conçu pour abriter des troupes. Les archives décrivent un bâtiment rectangulaire symétrique, doté de quatre pavillons d’angles, deux écuries parallèles, et une enceinte avec échauguettes. Le portail monumental, flanqué de corps de garde, et les toitures en tuiles (creuses ou en écaille) reflétaient son importance architecturale. Les cartes postales anciennes révèlent cinq niveaux, neuf travées en façade, et des détails comme les arcs segmentaires des baies.

La construction fut ordonnée par le Conseil d’État en 1729, à l’initiative de Pierre de Masso de la Ferrière (commandant royal) et Pierre Poulletier (intendant de Lyon), pour remplacer cinq maisons et des terres expropriées près de la porte de Moingt. Les plans, dressés par l’ingénieur André-Nicolas Deville en novembre 1729, furent adjugés à Jean-François Grangé. Les travaux, débutés en 1731, s’achevèrent en 1742, avec des interventions ultérieures comme l’aménagement du portail (1733-1734) par Joseph-Ferdinand Chazaux. Après la mort de Grangé en 1738, Pierre Grangé et Chazaux prirent le relais.

Dès 1744, la caserne abritait des régiments, comme le bataillon du Poitou, mais fut abandonnée avant 1791, transformée brièvement en manufacture de rubans. Réoccupée en 1802, elle nécessita des travaux d’assainissement (canal construit par 1 600 prisonniers espagnols en 1809) en raison de son insalubrité. Au XIXe siècle, des projets d’extension avortèrent, et elle accueillit le 16e régiment d’infanterie jusqu’à sa dissolution en 1923. Cédée à la ville en 1979, elle fut détruite en 1980, ne conservant que le portail, les corps de garde et une échauguette, classés Monuments Historiques.

Aujourd’hui, un parking occupe l’emplacement de l’ancienne caserne, bordé d’immeubles modernes. Les vestiges restaurés en 1984 (portail et échauguette) rappellent son passé militaire. Son architecture, typique des casernes royales du XVIIIe siècle, illustre l’urbanisme militaire de l’Ancien Régime, marqué par la symétrie et la fonctionnalité. Les archives soulignent aussi son rôle dans la vie locale, entre logistique militaire et adaptations civiles (manufacture, gendarmerie).

Les matériaux utilisés, comme la pierre pour les ornements ou les tuiles pour les toitures, reflètent les techniques de construction de l’époque. Les problèmes récurrents d’insalubrité, documentés dès 1831, révèlent les défis sanitaires des casernes pré-industrielles. Enfin, sa destruction en 1980, malgré son classement partiel, témoigne des arbitrages entre patrimoine et modernisation urbaine dans les années 1970-1980.

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