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Casino de la Faïencerie à Sarreguemines en Moselle

Patrimoine classé Patrimoine industriel Casino

Casino de la Faïencerie à Sarreguemines

    Rue du Colonel-Cazal
    57200 Sarreguemines
Propriété de la commune
Casino de la Faïencerie à Sarreguemines
Casino de la Faïencerie à Sarreguemines
Casino de la Faïencerie à Sarreguemines
Casino de la Faïencerie à Sarreguemines
Casino de la Faïencerie à Sarreguemines
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Casino de la Faïencerie à Sarreguemines
Casino de la Faïencerie à Sarreguemines
Casino de la Faïencerie à Sarreguemines
Crédit photo : Office de Tourisme de Sarreguemines - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1871
Annexion de la Moselle
1878
Construction du premier bâtiment
1890
Extension du Casino
1959
Incendie de l’aile de 1878
1998
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du casino proprement dit, y compris les décors extérieurs en faïence ; façades et toitures du pavillon de Geiger ; kiosque à musique en totalité (cad. 12 449/395) : inscription par arrêté du 26 octobre 1998

Personnages clés

Paul de Geiger - Directeur des faïenceries (1871–1913) Initiateur du Casino et des équipements sociaux pour les employés.
Alexandre Sandier - Peintre et décorateur Auteur de *La Céramique* (1890), allégorie en faïence de la façade.

Origine et histoire

Le Casino de la Faïencerie, situé à Sarreguemines dans le département de la Moselle, fut édifié à la fin du XIXe siècle sous l’impulsion de Paul de Geiger, directeur des faïenceries locales de 1871 à 1913. Le terme « casino » reprend ici le sens allemand Kasino, désignant un lieu de réunion pour le personnel d’une entreprise, reflétant l’annexion de la Moselle par l’Empire allemand après 1871. Ce bâtiment, initialement nommé « La Réunion », visait à offrir aux employés des espaces de détente (bibliothèque, salles de jeux, gymnastique) pour les éloigner des cafés, tout en renforçant leur loyauté envers l’entreprise.

En 1878, un premier bâtiment fut érigé sur la rive droite de la Sarre, complété en 1890 par une grande salle de concert et de danse, où se déroulaient les fêtes annuelles de l’entreprise, comme la remise des cadeaux de Noël aux enfants des faïenciers. La façade occidentale, ornée de carreaux de faïence produits localement, présente une allégorie de La Céramique dessinée par Alexandre Sandier en 1890. Cette œuvre, exposée au Salon de Paris la même année, mêle esthétique néo-Renaissance et codes publicitaires de l’époque, associant beauté féminine et promotion industrielle. Le paysage en arrière-plan évoque les cheminées des manufactures, ancrant le monument dans son contexte productif.

Un incendie en 1959 détruisit l’aile de 1878, reconstruite en 1983 dans un style fidèle à son colombage d’origine. Le site, racheté par la commune en 1979, fut transformé en centre de congrès avant d’abriter aujourd’hui un restaurant, une brasserie et une salle de spectacle. Classé monument historique en 1998 pour ses façades, toitures et décors de faïence, le Casino illustre l’éclectisme architectural de la période, mêlant influences françaises (pavillon de Geiger, 1880) et germaniques (corps principal de 1890). Son kiosque à musique des années 1900, épargné par l’incendie, témoigne de son passé festif.

Le Casino symbolise aussi les équipements sociaux pionniers de Paul de Geiger, qui créa une cité ouvrière et l’Institution Saint-Paul pour améliorer les conditions de vie des employés. La fête annuelle du 29 juin (Saint-Paul) rassemblait le personnel dans un cortège urbain, soulignant le rôle central de la manufacture dans la vie locale. Après sa vente à la commune, le site perdit sa fonction originale mais conserva son nom, marqué par l’histoire industrielle et culturelle de Sarreguemines.

L’architecture du Casino reflète les ambitions artistiques et commerciales de la manufacture. Les décors de faïence, comme La Céramique de Sandier, servaient de vitrine publicitaire, mettant en scène des produits emblématiques (comme la Coupe Sandier) et les matières premières (kaolin, argile). Le style éclectique, alliant classicisme et régionalisme, s’inscrit dans le contexte post-annexion, où l’identité locale se négociait entre influences allemandes et héritage français. Aujourd’hui, le monument perpétue cette dualité en tant que lieu de mémoire et de modernité.

Liens externes