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Château de Dortan dans l'Ain

Patrimoine classé
Manoir
Demeure seigneuriale
Château de style néo-gothique
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Château de Dortan
Crédit photo : Rapallini Julien - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Construction du premier château fort
1339
Arbitrage épiscopal en faveur des Dortan
1637
Destruction partielle par Richelieu
1720
Vente à la famille Gaulthier
1864
Construction de la chapelle néo-gothique
1944
Quartier général allemand
1997
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château, y compris ses parties souterraines, avec l'esplanade ouest et le jardin sur terrasse au sud, le parc et son mur de clôture, le bâtiment de commun et le moulin-pompe (cad. B 469 à 475, 275, 530, 76, 78, 80, 82, 83) : inscription par arrêté du 30 décembre 1997

Personnages clés

Renaud de Dortan - Seigneur au XIVe siècle Fit construire la grosse tour en 1320.
Louis de Dortan et Philippe-François de Dortan - Seigneurs rebelles en 1637 Condamnés à mort pour trahison.
M. d’Uffelle (famille Gaulthier) - Propriétaire au XVIIIe siècle Ami de Voltaire, organisa des pièces.
Noël Le Mire - Industriel lyonnais (XIXe) Restaura la tour sud et la chapelle.
Voltaire - Philosophe des Lumières Vint jouer *Tancrède* au château.
Louis Sainte-Marie Perrin - Architecte (XIXe) Conçut la chapelle néo-gothique en 1864.

Origine et histoire

Le château de Dortan, situé dans le département de l'Ain, est un manoir des XVe–XVIe siècles, profondément remanié aux XVIIIe et XIXe siècles. À l’origine, il s’agissait d’une forteresse médiévale contrôlant un axe stratégique entre Lyon et Saint-Claude, dans le Bugey, une région longtemps disputée entre la Savoie et la Bourgogne. Le site succédait à un château fort probablement élevé au XIIe siècle, détruit en partie en 1637 sur ordre de Richelieu après la révolte des seigneurs de Dortan contre Louis XIII. Le domaine, confisqué puis restitué, fut transformé en demeure de plaisance au XVIIIe siècle, avant d’être restauré et embelli au XIXe, avec l’ajout d’une chapelle néo-gothique par l’architecte Sainte-Marie-Perrin.

La seigneurie de Dortan appartint pendant plus de 500 ans à la famille éponyme, vassale de l’abbé de Saint-Claude. En 1339, un arbitrage épiscopal confirma le droit des Dortan de fortifier leur château malgré l’opposition du sire de Thoire-Villars, affirmant leur autonomie féodale. Le château fut cependant rasé à deux reprises (1637 et 1696) pour rébellion, avant d’être reconstruit. Au XVIIIe siècle, il passa aux mains de notables lyonnais, dont M. d’Uffelle, ami de Voltaire, qui y organisa des représentations théâtrales. Le domaine changea ensuite plusieurs fois de propriétaires, dont l’industriel Noël Le Mire, qui restaura la tour sud et aménagea la chapelle en 1864.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château servit de quartier général aux troupes allemandes lors du massacre de Dortan en 1944, où des habitants y furent détenus et exécutés. Classé monument historique en 1997, il conserve des éléments médiévaux (tours carrées, cuisines du XIVe siècle), des aménagements classiques (jardin à la française, salons du XVIIIe) et des ajouts romantiques (chapelle, parc avec source bleue). Son architecture reflète ainsi les transformations successives d’une forteresse en résidence aristocratique, puis en lieu de mémoire.

Le parc du château abrite une source vauclusienne dite source bleue, explorée jusqu’à 99 mètres de profondeur, ainsi qu’un moulin-pompe et des communs protégés. À l’intérieur, une salle d’armes avec cheminée gothique et des décors néo-gothiques témoignent des goûts éclectiques de ses propriétaires. Le château, aujourd’hui privé, reste un symbole des luttes féodales et des métamorphoses architecturales en Bugey, entre influence savoyarde et intégration française.

Parmi les épisodes marquants, citons la condamnation à mort (exécutée en effigie) de Louis de Dortan et de son fils en 1637 pour trahison, ou la visite de Voltaire chez M. d’Uffelle, où furent jouées ses pièces comme Tancrède. Ces événements illustrent le rôle politique et culturel du château, entre résistance locale et ouverture aux Lumières. La protection de 1997 couvre l’ensemble du domaine, y compris ses parties souterraines et son mur de clôture, soulignant son importance patrimoniale.

Liens externes