Frise chronologique
1141
Don des terres aux Roquefort
Don des terres aux Roquefort
1141 (≈ 1141)
Roger Ier Trencavel cède des terres aux seigneurs de Roquefort.
1246
Soumission des Trencavel
Soumission des Trencavel
1246 (≈ 1246)
Passage sous contrôle royal après la croisade.
20 juillet 1257
Confiscation partielle par Alphonse de Poitiers
Confiscation partielle par Alphonse de Poitiers
20 juillet 1257 (≈ 1257)
Terres données à l’abbaye de Sorèze pour affaiblir les Roquefort.
1274
Émergence d’un nouveau bourg
Émergence d’un nouveau bourg
1274 (≈ 1274)
Déplacement de la population vers le village actuel.
début XIIIe siècle
Fondation attestée du castrum
Fondation attestée du castrum
début XIIIe siècle (≈ 1304)
Premières mentions du village fortifié nommé 'Castlar'.
fin XIVe siècle
Abandon définitif du castrum
Abandon définitif du castrum
fin XIVe siècle (≈ 1495)
Conséquence de la peste et des Grandes compagnies.
1976 et 1988-1992
Campagnes de fouilles archéologiques
Campagnes de fouilles archéologiques
1976 et 1988-1992 (≈ 1984)
Découverte des fondations et artefacts médiévales.
24 juillet 1996
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
24 juillet 1996 (≈ 1996)
Protection des vestiges par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Parcelle A 181 : inscription par arrêté du 24 juillet 1996
Personnages clés
| Roger Ier Trencavel - Vicomte d’Albi et seigneur |
Aura cédé les terres aux Roquefort en 1141. |
| Isarn de Castlar - Témoin historique |
Cité entre 1142 et 1153 dans des actes. |
| Arnaud-Raymond de Roquefort - Seigneur de Durfort |
Membre de la famille fondatrice du castrum. |
| Jourdain de Roquefort - Seigneur de Montgey, Durfort et Roquefort |
Soutien des cathares pendant la croisade albigeoise. |
| Arnaud Raymond Gauti - Parfait cathare |
Protégé au Castlar, brûlé à Montségur en 1244. |
| Alphonse de Poitiers - Comte de Toulouse |
Confisqua des terres des Roquefort en 1257. |
Origine et histoire
Le castrum du Castlar, aussi appelé castrum de Durfort, est un ancien village fortifié médiéval situé dans le Tarn, en Occitanie. Implanté sur les hauteurs de Durfort, à mi-pente du puech de Berniquaut, il surplombe un oppidum antique. Ce site stratégique, fondé au XIIIe siècle, était protégé par une enceinte et des douves sèches, s’étendant sur 3 400 m2. Il comprenait un château-fort, des habitations en terrasses, et des silos à grains, mais aucune église, reflétant peut-être l’influence cathare locale.
Selon les sources, le castrum aurait été fondé par la famille des seigneurs de Roquefort, vassaux des Trencavel, après un don de terres par Roger Ier Trencavel en 1141. Isarn de Castlar, cité entre 1142 et 1153, en est l’un des premiers témoins historiques. Au XIIIe siècle, le village se développe rapidement, attirant des habitants du castrum voisin de Berniquaut, alors en déclin. Pendant la croisade des albigeois, les seigneurs de Roquefort, comme Jourdain de Roquefort, soutiennent le parti cathare, protégeant des parfaits au Castlar, sans que le site ne subisse de destruction directe.
Après la soumission des Trencavel en 1246, le castrum passe sous contrôle royal. En 1257, Alphonse de Poitiers confisque une partie des terres des Roquefort, accusés d’hérésie, pour les donner à l’abbaye de Sorèze. Dès 1274, un nouveau bourg émerge en contrebas, devenant le centre économique, tandis que le Castlar décline. La peste noire et les Grandes compagnies au XIVe siècle accélèrent son abandon définitif. Aujourd’hui, il n’en reste que des ruines, fouillées entre 1976 et 1992, révélant des fondations et des artefacts comme un grenier incendié.
Le site, inscrit aux monuments historiques en 1996, offre un témoignage rare de l’organisation d’un castrum médiéval. Ses maisons modestes, construites en pierre locale (schiste et calcaire), exploitaient le relief en terrasses. Le château-fort, au sommet, comprenait une tour, un logis seigneurial et une basse-cour. L’absence d’église s’explique par le manque d’espace et l’influence cathare. Les silos à grains, creusés dans la roche, soulignent son rôle agricole et défensif.
Les fouilles archéologiques ont permis de mieux comprendre la vie quotidienne au Moyen Âge, notamment grâce à l’étude des semences carbonisées du grenier incendié. Ce castrum illustre les dynamiques de peuplement et les conflits religieux de l’époque, ainsi que le déclin des sites perchés au profit des bourgs accessibles. Ses vestiges, propriété privée, surplombent toujours le village actuel de Durfort.